Un portrait inestimable : Jacques AUBERT (1665-1745), un angevin à l’Isle Bourbon

#52Ancestors – 4 – Curiosité

Pour tout un chacun, Jacques AUBERT est arrivé sur l’Isle Bourbon sur le Saint-Jean-Baptiste en l’an de grâce 1689. Longtemps, je me suis demandée quelle était l’origine de ces informations, voulant les trouver par moi-même.

Alors j’ai fouillé les archives exotiques, googlisant ou gallicalisant à l’envi. (Merci Permareperterrasblog, je t’emprunte ton joli verbe !) Et j’ai découvert des sites merveilleux ! A travers le temps et les océans, j’ai voyagé de vaisseau en vaisseau et d’île en île ! J’ai rencontré de nombreux personnages, parfois illustres, parfois inconnus, mais tous plus romanesques que dans mes livres. Et un jour, comme je lisais un curieux manuscrit sur Gallica, me disant que je m’égarais et perdais encore mon temps, j’ai trouvé LA SOURCE !

Collection MARGRY, relative à l’histoire des Colonies et de la Marine françaises. «Mémoire pour servir à la connaissance particulière de chaque habitant de l’isle de Bourbon» (fol. 20). (Vue 25/123 dans Gallica)

Ce manuscrit, œuvre de Pierre Margry, cachait en effet la copie d’un texte curieux, écrit par le non moins curieux Antoine Desforges-Boucher, un ancien commis de la Compagnie des Indes devenu par la suite Gouverneur de l’Isle, ayant pour titre Mémoire pour servir à la connaissance particulière de chaque habitant de l’Isle de Bourbon.

Ce Mémoire, daté d’environ 1710, contient un portrait de quasiment tous les habitants qui demeuraient à Bourbon à cette date et donc, bien-sûr, de Jacques AUBERT. Bien que ce portrait ne m’apprenne finalement que peu de choses sur lui que je ne savais déjà, c’est avec une grande émotion que j’ai pu lire enfin dans le texte son portrait.

Un portrait écrit par quelqu’un qui l’a rencontré, en chair et en os, qui lui a parlé face à face et qui, en bref, l’a côtoyé suffisamment longtemps pour s’en faire une idée précise ! Imaginez ! Une biographie du début du XVIIIème siècle ! Peu nombreux sont les hommes de cette époque ayant eu droit à ce privilège !

A noter que ces biographies sont restées secrètes pendant très longtemps. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles mettaient à nu les habitants de l’île et les décrivaient le plus souvent tels des ivrognes, des paresseux ou des débauchés. Les femmes, par ailleurs, n’y sont pas oubliées et leurs portraits ne sont souvent guère flatteurs.

En ce qui concerne Jacques AUBERT, miracle ! L’auteur de sa biographie semble l’avoir tenu en grande estime et son portrait est dithyrambique.


Le Sieur Jacques AUBERT

(J’ai respecté l’orthographe du manuscrit. Je n’ai ajouté que quelques points et majuscules. Toutes les portraits écrits par DESFORGES-BOUCHER sont sur Gallica. Vous pouvez les consulter et juger personnellement du style parfois assez « cru » de son auteur !)

Portrait de Jacques AUBERT, extrait 1. (Copie du Mémoire de Desforges-Boucher par Margry, vue 59/123, Gallica)

Le sieur Jacques AUBERT est d’Angers, âgé de 45 ans,

[Nous avons vu précédemment qu’il était né à Corzé, près d’Angers, le 15 septembre 1665. Ces lignes ont donc été écrites aux alentours des années 1710. ]

il fut à l’Isle de Bourbon avec Monsieur de Vauboulon, ou il a servy la Compagnie en qualité de menuisier,

[Henri Habert de Vauboulon fut missionné par Louis XIV pour mettre bon ordre à Bourbon. On sait qu’il y débarqua le lundi 5 décembre 1689 et prit ses fonctions très rapidement, soit le 11 décembre de la même année. Il avait embarqué sur le Saint-Jean-Baptiste, le 5 mai 1689. Il était accompagné de plusieurs hommes dont un capucin, le Père Hyacinthe de Kerguelen, originaire de Quimper, celui-là même qui unit Jacques AUBERT à Anne LAUNAY quelques années plus tard à Saint-Paul.]

il possède ce métier en perfection et depuis son établissement, il s’est si fort attaché à tout qu’il sçait un peu de chaque chose et réussit admirablement bien ce qu’il entreprend, honnête homme, vivant avec la dernière régularité, grand politique, conduisant avec une sagesse admirable tous les habitans de St Paul, dont il est Capitaine de quartier, gardant toujours un juste équilibre en tout ce qu’il fait, homme de bonne conversation, sçavant même dans l’histoire, à quoy il s’est beaucoup appliqué,

[Tout cela lui valant très certainement son surnom de L’Almanach, dont je n’ai retrouvé cependant encore aucune occurence…]

et gardant un ordre chez luy qu’aucun autre n’égale, élevant ses enfans avec toute l’Education qu’il est capable de leur donner, et de la dernière intégrité à l’égard de ses noirs.


[Jacques AUBERT eut trois enfants avec Anne LAUNAY, Pierre (1694) Louise (1696) et Jacques (1698). Au recensement de 1711, on lui attribue 9 esclaves « mâles » et 5 esclaves « femelles », âgés de 2 à 34 ans.]

Recensement de la « famille » de Jacques AUBERT, Capitaine du quartier de Saint-Paul, 1711

Enfin on peut dire qu’il est le seul de son espèce dans l’Isle, et qu’il n’y en a point qui l’égale en capacité, en probité et en sagesse et l’on voit bien qu’il est né, pour estre autre chose que menuisier.

Portrait de Jacques AUBERT, extrait 2. (Copie du Mémoire de Desforges-Boucher par Margry, vue 59/123, Gallica)

Avec cela, il est très laborieux et d’une propreté dans sa maison qui fait bien voir, lorsque l’on entre chez lui, qu’il se distingue des autres, il est affectionné à son employ de Capitaine de quartier, autant qu’on le peut souhaiter, et surtout, lorsqu’il s’agit du service de la Compagnie, ce que l’on a remarqué toutes les fois qu’il a passé des vaisseaux, ou il s’est donné tous les mouvemens, et tous les soins qui ont dépendu de luy, et non pas souvent sans frais, car il reçoit agréablement chez luy les capitaines officiers des vaisseaux, lesquels pour la plupart sont ingrats, et ne reconnaissent pas les honnetetés que l’on leur fait, se persuadant que cela leur est deu, et que l’on leur est encore trop obligé […]

Portrait de Jacques AUBERT, extrait 3. (Copie du Mémoire de Desforges-Boucher par Margry, vue 59/123, Gallica)

C’est cet homme icy qui avait élevé un pied de poivrier, duquel on pouvait espérer un heureux résultat succès, s’il n’avait point été arraché ou mangé par les cochons et l’on peut dire que s’il y a de sa faute, qu’il en a bien suby la peine car il a fait comme St Pierre, qui pleura toute sa vie son péché, aussy celuy cy ne peut jamais parler de ce pied de poivrier que les larmes ne luy viennent aux yeux, et il est bien certain que si l’on en renvoye à l’Isle Bourbon, qu’il sera le premier à en avoir, ainsy l’on ne peut manquer de luy en remettre beaucoup, aussy bien que de toutes les autres choses qu’on y apportera, desquelles il ne manquera assurément pas de prendre grand soin.

Portrait de Jacques AUBERT, extrait 4. (Copie du Mémoire de Desforges-Boucher par Margry, vue 59/123, Gallica)

il possède quantité de bonnes terres divisées en plusieurs endroits tant aux montagnes qu’aux environs de l’Etang de St Paul, sur lesquelles il fait de très abondantes récoltes qui le font vivre un des mieux de toute l’Isle, mais il ne peut, quoy qu’il ait 9 noirs et 5 négresses presque tous créoles, déffricher et cultiver toutes celles qu’il a aux montagnes, à l’une desquelles, il a une vigne qu’il cultive avec grand soin.


[Voici le recensement de 1710 qui énumère toutes les terres que Jacques AUBERT possède, ainsi que ce qu’il y cultive et les animaux qu’il possède.]

Terres – Une place et caze sur les Sables ou il demeure où l’on élève de la vollaille et des moutons. Une place au dessous du boucan des mallades pour élever des bestiaux, une place aux Collimaçons pour la mesme chose. Une pièce de terre à la montaigne non déffrichée au dessus dudit lieu. Un morceau de terre proche l’étang pour cultiver du ris, un autre morceau appellé La Royale pour des cannes de sucre, un autre morceau à La Montaigne le long de la Ravine à Bernier ou l’on cultive du bled à mil, ?, pattates et légumes, et bananes. Un autre morceau à la Montaigne le long de la Rivière St Gille ou l’on cultive comme dans la précédante ; un autre morceau proche l’étang pour paturages aux bestiaux, une place à St Gille pour eslever des bestiaux. BESTIAUX – 58 Bœufs – 40 Moutons – 30 Cochons – 260 Cabris – 3 Chevaux – Divers volailles. RECOLTES – 1500 L. de froment – 2000 L. de ris – 2000 de mil – 30 régimes de bananes – Divers légumes.


Il a résidence sur les Sables de St Paul et de rien qu’estait cet endroit, il en fait un petit enchantement, premièrement il a transporté du chiendan de St Denis en racine et en graine qu’il a planté et semé à cent pas au plus aux environs de sa maison, tout ce chiendan a pris et fait une verdure charmante, c’est même de cela qu’il élève ses moutons, plusieurs à son imitation en ont fait autant, ensuite il a planté des arbres dattiers à distance égale, entre lesquels il a mis des arbres dont je ne sçay pas le nom, qui portent des fleurs toute l’année et en a formé des avenues en forme d’Etoile tout autour de sa maison, en sorte que, de quelque costé que l’on vienne, on voit cette maison en perspective, outre cela, il a planté 20 arbres tamariniers au devant de sa porte qui sont à présent tous grands, qu’il entretient à égale hauteur et qu’il a simetrisez de manière qu’à quelque heure du jour que ce soit et en tous temps de l’année, on peut se promener et manger à l’ombre.

Au numéro 32, la case de Jacques AUBERT et ses arbres plantés en étoile…. (Plan du quartier de Saint-Paul, dessiné par Etienne de Champion – Gallica)

Il y a à présent beaucoup de ces arbres dattiers, tamariniers sur les Sables de St Paul, qui en seraient tout couverts si chacun y apportait le même soin, ce serait même un ordre à donner aux habitans car dans les grandes chaleurs, il n’est pas possible de suporter l’ardeur des sables, qui sont brûlants comme le feu même, et cela est insupportable surtout pour les habitans qui marchent presque tous pieds nuds, et s’il y avait de ces arbres plantés qui ne demandent pas d’autres soins que d’estre arrouzés dans le commencement jusqu’à ce qu’ils aient pris racine, on marcherait commodément partout sur ces sables, en quelque temps que ce fût. Le chiendan que l’on y semerait n’estant pas bruslé par l’ardeur du soleil, en viendrait beaucoup mieux, outre que ces maisons seraient cachées par ces arbres de la veüe de la rade, et par conséquent moins sujettes à l’insulte des ennemis, supposé que l’envie leur prit d’y faire descente, et il ne faut pas grand temps à cela, car les tamariniers que le sieur AUBERT a aux environs de chez luy ne peuvent avoir que 7 à 8 ans au plus.

Je les ay vu planter, et ces arbres sont à présent depuis le pied jusqu’au sommet de leurs branches de plus de 18 à 20 pieds de haut ; si l’on en jugeait à propos de faire une ordonnance la dessus, il faudrait obliger chaques habitants, qui ont des emplacements sur les Sables, de planter à 60 pas, plus ou moins selon l’étendue de son terrain autour de sa maison de ces arbres tamariniers. Il y en a au presbitère suffisamment pour cela, et les obliger sous de rigoureuses peines d’en prendre soin, jusqu’à ce qu’ils eussent pris racine et les obliger s’il en mourait quelqu’un d’en replanter un autre, à quoy un homme soigneux aurait l’œil, et surement dans 8 ou 10 ans, tous les sables en seraient garnis. Je ne voy rien que de juste dans l’ordre que l’on ferait à ce sujet, ou ce ne serait que la paresse des habitans qui le ferait trouver tel, car cela serait pour leur propre commodité et en quelque manière pour la sureté de leurs biens ; la crainte que j’ay d’estre ennuyeux par ce long et peut estre inutile narré, fait que je ne m’étends pas davantage sur ce sujet.


Portrait de Jacques AUBERT, extrait 4. (Copie du Mémoire de Desforges-Boucher par Margry, vue 59/123, Gallica)

J’en reviens donc au Sieur Aubert. Il a pour épouse Anne LAUNAY, créole mulatresse, qui est tout à fait impotente, et qui est presque toujours au lit, ne pouvant agir à quoy que ce soit, de sorte qu’il n’est soulagé en rien de cette femme, et qu’il faut qu’il soit le tout chez luy ; cependant il supporte cette adversité avec une patience admirable, et en prend tout le soin possible, sans avoir jamais murmuré un moment, contre les décrets du seigneur, qui l’a ainsi ordonné.

[Anne LAUNAY mourra en effet fort jeune le 11 novembre 1716 à l’âge de 36 ans. Nous apprenons ici au détour d’un chemin qu’elle était très faible et malade mais que son mari prenait soin d’elle. D’ailleurs, Jacques ne se remariera jamais…]

Il a eu de ce mariage 2 garçons et une fille qui tous grands, les 2 garçons demeurent avec luy, sont sages, laborieux et ont toutes les bonnes inclinations de leur père, comme aussy toute son éducation ; quant à la fille, il la fait élever chez la Cauzan, dont j’ay cy dessus parlé ; à l’exception de ces moutons qu’il élève à Saint Paul, les autres sont élevés à St Gilles à un lieu appelé le Boucan du Canot, et à un autre endroit, apellé les Colimaçons, dont le nombre est de 70 boeufs, 60 moutons, 40 cochons, 300 cabrits et 4 chevaux. Il peut avoir d’argent comptant 2000 écus.

[On peut lire le portrait, très élogieux, que Desforges-Boucher fit de la Cauzan, de son véritable nom Louise PAYET, épouse de François CAUZAN, fils d’un premier lit d’Anne CAZE, belle-mère de Jacques AUBERT. Il écrit : « Bonne ménagère, très sage, fort dévote, la meilleure lingère de toute l’Isle et qui non seulement prend soin de son ménage et de sa famille, mais n’ayant point d’enfans, elle a jusques à 7 à 8 filles de ses parents ou de ses amis […] le sieur Jacques AUBERT y a la sienne, qui est une de celles qui font le mieux et qui sera un jour une très bonne lingère… ». Il s’agit bien-sûr de Louise AUBERT (1696-1768).]

Portrait de Jacques AUBERT, extrait 5. (Copie du Mémoire de Desforges-Boucher par Margry, vue 59/123, Gallica)

Lorsque nous sommes partis, il se proposait de planter la vigne, sur les Sables, auprès de sa caze ou il se promettait de la faire réussir et dont je ne doute point. C’est aussy ce même Jacques AUBERT qui a esté l’entrepreneur de la nouvelle Eglise de pierre que l’on a bâtie à St Paul. Il l’a tracée selon son génie qui est fort bien, et en a fait toute la charpente, aydé de quelques créols, qui assurement est toute des plus belles et des mieux entendues. Il ne fallait par moins d’un homme aussy soigneux que luy, pour mettre cette Eglise à sa perfection comme elle est aujourd’huy car, outre qu’il y passait les journées entières à y travailler luy même, il fallait encor qu’il conduisit tout cet ouvrage de l’œil, et qu’il alligna toutes les pièces de bois, et qu’il tint un rolle, jour par jour de ceux qui avaient travaillé ou qui y avaient envoyé leurs noirs affin que chacun travaillat à son tour, sans qu’il y eut personne de foulé (= floué?), ny d’exempt, en quoy il a observé un ordre fort régulier sans que qui que ce soit, aye eu lieu de se plaindre.


[La nouvelle église de Saint Paul a en effet été bénie le 24 mars 1709. Comme on peut le voir ci-dessous.]

Bénédiction de l’Eglise dédiée à La Conversion de Saint Paul, le 24 mars 1709.

L’An de grâce mil sept cent neuf, le vingt quatrième Mars, j’ai soussigné, Missire Pierre MARQUER, curé, certifie avoir fait la bénédiction d’une nouvelle église paroissiale située au quartier de Saint Paul, dédié à la Conversion de Saint Paul, qui a eté refaite et augmentée de beaucoup. Les cérémonies de la dite église ont été faites selon les formes accoustumées et ordonnées par nostre Mère, La Sainte Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, en présence de Messire Jean Baptiste de Villers, gouverneur pour le Roy et pour sa Royale Compagnie de France dans cette île de Bourbon, M. Antoine BOUCHER, secrétaire… pour la dite Compagnie, des sieurs Jacques AUBERT, Capitaine du quartier à Saint Paul, Jacques LE PREVOST chirurgien major…


C’est ici que le portrait s’achève, mais non la vie de Jacques AUBERT, sur lequel il reste encore énormément à dire… A suivre…


Sources, Notes et Liens

Collection MARGRY, relative à l’histoire des Colonies et de la Marine françaises. AFRIQUE ET ASIE. Pondichéry, île Bourbon. — Extraits des registres de l’état-civil de Pondichéry, 1687-1725 (fol. 1). — « Mémoire pour servir à la connaissance particulière de chaque habitant de l’isle de Bourbon » (fol. 20) ; — Extraits des registres de l’état-civil du Port-Louis, île de France, 1728-1747 (fol. 80). [En ligne sur Gallica]

Plan du cartier de St. Paul en l’île de Bourbon / levé & dessinné par Est. Estienne de Champion. [En ligne sur Gallica]

Comparaison de la carte de Champion, entre autres, avec la réalité actuelle. Superbe travail en ligne ici.

Archives départementales de La Réunion en ligne.

Archives Nationales d’Outre-Mer (ANOM), Réunion.

Gravures, illustrations, dessins, images.

Histoire de la Réunion année par année.

Histoire de la Compagnie des Indes … et des Colonies d’Orient.

16 réflexions sur “Un portrait inestimable : Jacques AUBERT (1665-1745), un angevin à l’Isle Bourbon

  1. Félicitations pour cette découverte.
    Les Aubert sont nombreux en Anjou et parmi ceux que citent Célestin Port dans son Dictionnaire…il y a, je cite
    « Aubert (Antoine) maître menuisier à Angers, 1679, est dit « maître architecte, sieur de la Grande Bergerie, en la paroisse de Pellouailles » les titres de Vauchrétien, 1706, 1707, et « menuisier sculpteur en bois » dans son acte de décès. Il habitait la paroisse St-Maurille et y mourut âgé de 75 ans, le 28 avril 1720. »
    Il y a aussi « Aubert (Jacques) maître sculpteur à Angers – Sa fille Claudine est inhumée et son fils baptisé en 1688 à Villevêque ».
    Il y a sûrement du cousinage de ce côté. Pellouailles, Corzé et Villevêque se touchent !
    Raymond Delavigne

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  2. Merci Françoise pour la citation, j’y suis sensible. Merci pour le partage de ces sources et notamment la collection MARGERY. Je vais gallicaliser de ce pas, ça m’étonnerait bien que je n’y trouve pas quelques trésors quant à certains de mes ancêtres ; ceux qui ont la bougeotte, en espérant trouver quelques portraits aussi dithyrambique que celui de Jacques Aubert.

    Aimé par 1 personne

    1. C’est le seul ! Les autres -dont les miens, d’ancêtres- sont catalogués comme les pires ivrognes, les pires mères maquerelles, les pires voleurs de bétail, les pires trafiquants d’esclaves (quoique descendants d’esclaves eux mêmes !!!) etc…C’est un prêtre qui les décrivait !
      Les sources sont innombrables. Précisées sur mon arbre (bien qu’angevin), pour chacun de mes ancêtres réunionnais !!! Suivez sur Généanet, les petites boules vertes qui indiquent l’ascendance directe à partir de Jeannine Ballain, (1924- ). À partir de ces références, vous pourrez aller voir EN LIGNE…pour les noms des autres réunionnais, qu’ils soient bretons, angevins, bourguignons etc… !
      C’est stupéfiant d’avoir de telles descriptions après TANT DE TEMPS !!!

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  3. Bonsoir, et grand merci pour cet article sur mon grand aïeul.

    Toutefois, si vous le permettez, je me permets d’ajouter quelques notes.

    Jacques Auber s’engagea dans la milice mais n’occupa aucun poste officiel. Au quartier de Saint Paul, c’était Henry Grimaud qui avait la charge de Capitaine de quartier et Antoine Bruslot Enseigne. Lorsqu’ils partirent tous deux pour les Indes en 1701 le hollandais Jacques Béda a été nommé Capitaine, et Jacques Auber Enseigne. Quand Jacques Béda fut « cassé », Jacques Auber le remplaça secondé par Pierre Gonneau comme Enseigne.
    Il est difficile de préciser la date de cette promotion, cependant dans l’ordonnance du 17 septembre 1703 du gouverneur Jean Baptiste de Villers mentionnait déjà sa fonction comme de Capitaine de quartier de Saint Paul.

    Le 17/09/1703 : Ordonnance aux habitants pour être munis de munitions de guerre.
    (Journal de Bourbon de J. B. de Villers 14 septembre 1703)

    Le 17 septembre 1703 :
    Désirant que les habitants fussent en état de défense dans l’occasion. Je fis une ordonnance, par laquelle il leur était enjoint d’être munis de chacune une arme boucanière, même jusqu’aux garçons de 14 ans, et d’une hure de poudre, et trois livres de balles, ordonnant a ceux qui n’avaient point de poudre, de s’adresser au Sr. Aubert Capitaine du quartier de Saint Paul, pour en recevoir une livre, avec menaces de faire payer un écu a ceux qui la dépenseraient inutilement, et quant au plomb de payer aud. Sr. Aubert quinze sols, pour les trois livres qu’ils leur délivreraient.

    Jacques Auber va s’acquitter de ses fonctions de capitaine de quartier avec dextérité, aussi le 31 Décembre 1727 pour le récompenser de ses loyaux services, la Compagnie lui fit remettre une médaille d’or avec le portrait du Roi, qu’elle a obtenue de sa Majesté Louis XV pour les Sieurs Auber père et Joseph Guigné.

    « La Compagnie vous remet ce jour deux médailles d’or avec le portrait du Roi quelle a obtenue de sa majesté pour les Sieurs Aubert père et Joseph Guigné ; Cette distinction doit donner de l’émulation aux habitants, et qu’elle les pousse travailler d’avantage, ayer (ayant) soin de donner deux médailles aux Sieurs Auber et Guigné, le Conseil supérieur publiquement assemblé vous y appelle le plus grand nombre d’habitants qu’il sera possible, pour que la chose se passe avec fête et avec dignité ».
    (Archives Départemental de la Réunion – C°30 n°20)

    En 1731, après 28 ans de bons et loyaux services, Jacques Auber céda sa place de Capitaine de quartier à Antoine Maunier, il était âgé alors de 66 ans.

    Simultanément, il a été au conseillé au conseil provincial (1715 à 1723).
    En 1723, Joseph de Beauvollier de Courchant fut promu au gouvernement général de Pondichéry, et Antoine Desforges Boucher lui succéda comme gouverneur de Bourbon.
    Le 18 septembre 1724, Antoine Desforges Boucher, mit en place le premier Conseil supérieur de l’Ile.
    Le Conseil supérieur était composé du gouverneur, de six conseillers et d’un greffier qui transcrit les arrêts sur un registre. Il concède des terres, vote les impôts, fixe le taux des taxes à l’entrée des marchandises, reçoit et contrôle et la comptabilité, enfin légifère par ordonnances. Jacques Auber a été élu premier conseiller, et son Pierre Auber fut nommé greffier adjoint du greffier en chef de Saint-Paul.
    Jacques Auber fut Conseiller au Conseil supérieur (commissaire aux affaires) jusqu’en 1736, après quoi, conseiller honoraire jusqu’à sa mort en 1745.

    De par ses foncions il prit part a de grandes décisions tel que la prise de possession de l’ile de France en 1721, et côtoyas de célèbres personnages comme Bertrand François Mahé de La Bourdonnais, Joseph-François Dupleix, et le pirate Olivier Levasseur dit « La Buse ».
    Celui-ci fut pendu haut et court au soir 7 juillet 1730 devant le parvis de l’église de Saint Paul.

    DELIBERATION DU CONSEIL PROVINCIAL DE l’ILE BOURBON, DU 10 OCTOBRE 1721
    (Revue Historique et littéraire de l’Ile Maurice – A. Pitot L’ile de France, Esquisses historiques 1715-1810)

    L’isle de France ci-devant l’Ile Maurice étant de la dernière conséquence pour la conservation de cette ile Bourbon et ne voyant point venir le bâtiment de la Compagnie qu’on attend depuis longtemps pour habiter la dite Ile de France, dans la crainte de quelque nation étrangère ne nous prévienne et s’en empare, selon les dernières avis que nous en sorte qu’il ne fut plus possible de ravoir jamais cette ile, le Conseil assemblé à ce sujet envisagent le préjudice extrême qu’en souffrirait la Compagnie et l’Ile Bourbon a jugé absolument nécessaire de faire incessamment construire aux frais de la Compagnie une barque de 24 à 25 tonneaux pour porter sur la die Ile de France 11 ou 15 habitants, un aumônier, et un chirurgien aux appointements de la Compagnie et de nommer Monsieur Durongoüet major de l’ile Bourbon pour Gouverneur de l’ile de France avec des appointements convenables en attendant que la Compagnie y envoie une colonie (.…).

    Fait à Saint Denis le 10ème octobre 1721.

    Beauvollier de Courchant, Renou, Desforges Boucher, Durongoüet Letoullec, Jacques Auber, Joseph Deguigné (greffier du Conseil Provincial de l’Ile Bourbon).

    L’EGLISE DE ST PAUL

    En effet, Jacques Auber prit part à la construction de l’église de St Paul.
    Le Journal de Jean Baptiste de Villers, nous apprend que le 3 septembre 1708, on commença de travailler à la construction d’une église de pierre au quartier de Saint Paul. C’est Pierre Hibon qui fut le maçon mais le principal artisan de cette bâtisse, remarquable pour l’époque fut Jacques Auber qui assuma les fonctions d’architecte et d’entrepreneur.
    Menée rondement, la construction de la nouvelle église fut rapidement terminée, et en mars 1709, on put songer à sa bénédiction.
    (Jean Barassin – Naissance d’une chrétienté bourbon jusqu’en 1714)

    En 1754, l’église a été dotée d’un presbytère. Suite à des incendies, cet édifice fut plusieurs fois restauré et modifié. Depuis le 13 décembre 2010 elle est inscrite au titre des monuments historiques.

    DECOUVERTE DU CAFE INDIGENE

    Le Maurepas, le Lys Brilhac, le François d’Argouges et l’Auguste s’arrêtèrent à Bourbon le 20 avril 1711 et y séjournèrent jusqu’au 3 septembre. Le commissaire général Louis Boyvin d’Hardancourt mit à profit sa longue escale à Mascarin pour s’informer de tout.

    Au cours d’une excursion dans les bois dans les hauts de Saint-Paul, en compagnie de l’habitant Jacques Aubert et de quelques esclaves, il s’aperçut que l’île possédait un caféier indigène.

    «Au sortir des bois, écrit-il, un des noirs se trouvant avoir dans la poche de sa soutenille (sic) des graines, je lui demandai où il les avait prises. Il me dit qu’apparemment passant au travers des bois dans les chemins que nous avions pratiqués, qu’il fallait qu’elles fussent tombées dans sa poche. Le sieur Auber me demanda si je connaissais ces graines. Je lui dis que c’était du café sauvage … Nous retournâmes sur nos pas et nous trouvâmes les arbres caféiers sauvages, de la hauteur de dix à douze pieds, remplis de fruits dont le café des gousses qui était en maturité tombait à terre, d’autres dans leurs gousses et les autres en fleurs d’une agréable odeur. J’en fis ramasser le plus qu’il fut possible, dont je fis faire deux petits ballots que je rapportai en France pour en connaître la qualité. Ce café est un peu plus gros que celui de Moka et pointu(*) par les extrémités ».
    (Albert Lougnon, L’île Bourbon pendant la régence, p.60-61)
    (*) C’est pourquoi cette variété va rapidement être qualifiée de Bourbon pointu.

    L’île venait de trouver « sa culture de plantation ».
    Parvenu en France, le contenu de ces ballots a été confié au médecin et naturaliste Antoine de
    Jussieu. Dans les années qui suivirent d’autres témoignages confortent la réalité du café sauvage de Bourbon : « Il n’y a que dix ans que cette plante a été découverte par hasard. Cette plante est sauvage à la vérité, mais l’on croit que lorsqu’elle sera entée, son fruit sera aussi beau que celui qui vient du Levant ». (R. P. Jacques, lettre du 1er novembre 1722, escale à Bourbon du 27 juin au 11 juillet 1721).

    M. Parat, gouverneur (1710-1715) de cette île, fit un voyage en France pour faire part à la Compagnie des Indes de cette découverte [le café sauvage] et pour convenir des moyens de la rendre utile. (Récit de G. Le Gentil de La Bardinais, escale de cinq mois en 1717).

    LES CARTES DE L’ILE BOURBON
    (Cartographier Bourbon aux XVIIe-XIXe Siècles par Christian Germanaz – Académie de la Réunion bulletin 2016
    Vol. 32ème)

    En mai 1704, un des directeurs, de la Compagnie des Indes, Foucherolle, s’intéresse à Bourbon et y fait passer à ses frais le lieutenant, cartographe Jean Feuilley. Celui-ci, après un an de séjour, doit lui rendre un rapport sur les possibilités agricoles de l’île et l’aptitude de ses côtes à la vie maritime. Parallèlement, il demande à Antoine Boucher, le garde-magasin, un mémoire sur les principaux habitants.
    Le 3 mai 1704, le Marchand des Indes toucha terre à Bourbon, la mission de Jean Feuilley put commencer. Accompagné par le Gouverneur de Villers, de son garde-magasin Boucher ainsi que par quelques habitants dont Jacques Aubert. Le pilote fit sept fois le tour de l’île et s’aventura dans les Mahavels (pays des vivres). Il consigna toutes ses observations dans un long rapport de 18 pages auquel il joignit une ou plusieurs cartes et plans. Rapport duquel le Sieur Aubert fut l’un des signataires.
    Une vingtaine d’années après, Denis Denyon, avec l’aide de Jacques Aubert, dressa une carte témoignant d’un savoir cartographique plus élaboré que celui de son prédécesseur.
    Cette carte répondait aux vœux de la Compagnie qui souhaitait que Denyon, nommé le 11 avril 1722 gouverneur et ingénieur en chef de l’Île de France, exécuta un relevé cartographique de son île d’attache ainsi que de Bourbon.
    Etabli en 1723, le plan de l’ile Bourbon de Denis Denyon fut ainsi la première carte dont le tracé rappel vraiment la forme des côtes et des dimensions de l’ile. Les contours de l’île se libèrent de la circularité présumée par Feuilley pour dessiner une des formes de Bourbon les plus conformes parmi celles qui ont été relevées jusqu’alors.
    Le plan de l’Ile Bourbon en date du 15 septembre 1723(3) porte la signature du Chevalier Denis Denyon, cependant, il pose la question de son auteur puisque l’exemplaire de 1722(2) lequel a servi d’archétype à celui de 1723 porte la mention manuscrite suivante :

    « Plan de l’Isle Bourbon, dressé sur les mémoires du Sr. Haubert qui en a fait plusieurs fois le tour entier et rectifié (sic) par M. Denyon.

    Merci à vous.

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    1. Merci à vous pour ces compléments très importants qui éclairent et précisent la vie et la personnalité de votre ancêtre Jacques AUBERT.
      Permettez-moi de vous poser à mon tour une question. Avez-vous quelque idée de l’origine de son surnom ? (L’Almanach) Je l’ai vu écrit un peu partout mais je n’en ai pas trouvé la source…

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      1. JACQUES AUBER ALLIAS L’ALMANACH
        Ce surnom est mentionné dans l’acte de baptême de son filleule Hyacinthe Ricquebourg daté du 30 mai 1693. (ADR – Saint-St Paul BN (1667-1718) 1GG-1 – ANOM vue 58)
        L’origine de ce pseudonyme était due certainement à son instruction, son intelligence, et de son savoir-faire.
        Mais, Il semblerait que celui-ci lui fut attribué avant son arrivée dans l’ile, et que ce genre de sobriquet était habituellement portés par soldats. Etait-il soldat avant son engagement à la Compagnie des Indes Orientales ? Serait-il un des « mousquetaires » dont parle Michel Firelin dans son journal en septembre 1690 ? En effet, celui-ci nota, au 11 septembre 1690, qu’une cassette adressé par le gouverneur Habert de Vauboulon à Monsieur de Seignelay, ministre de la marine, fut expédiée de Saint Denis à Saint Paul, « accompagnée de quatre mousquetaires ».
        Selon l’historien Olivier Fontaine, il y aurait pu s’agir de Pierre Gonneau dit Laverdure, d’Augustin Panon dit l’Europe, de Jean Gruchet et de Jacques Auber dit l’Almanach.
        (Journal de Firelin, AN. Col. C3.1.29 et Olivier Fontaine – Défense et défenseurs de l’ile Bourbon 1665-1810).

        Voici, aussi un complément sur le voyage du St Jean-Baptiste

        LA TRAVERSÉE (extrait)
        Le Saint Jean Baptiste navire de la Compagnie des Indes, jaugeant 150 tonneaux, armé de 36 pièces de canons, commandé par M. Guillaume Dubois des Sablons quitta la rade de Groix (Lorient) le 5 mai 1689, à son bord le futur Gouverneur de l’ile Bourbon Henri Habert de Vauboulon accompagné du père Bernardin. Une vingtaine d’ouvriers qualifiés complétaient l’expédition, parmi eux Jacques Aubert le Corzéen.

        Dans une lettre adressée à M. Céberet, l’un des passagers, le père Hyacinthe de Quimper raconta ce long et pénible voyage.

        A peine le Saint-Jean-Baptiste fut-il en mer que Monsieur Henri Habert de Vauboulon se montra sous un vilain jour. Pour lui, officiers, matelots et passagers étaient devenus ses sujets, pendant les sept mois que dura le voyage. Il régentait tout le monde; il critiquait à tort et à travers; sa conversation était injurieuse pour les présents comme pour les absents; des propos malsonnants lui partaient de la bouche avec une facilité surprenante et l’on ne tarda pas à s’apercevoir que la Compagnie avait placé sa confiance dans un homme jugé « habile » parce qu’il était pervers, et de bonne façon parce qu’il était soigneux de cacher en temps utile les mauvais côtés de son naturel.Les défauts qui trahirent d’abord le caractère de M. de Vauboulon furent une excessive taquinerie, une grande avidité d’argent, une hâblerie continuelle, une défiance maladive de toute personne autour de lui. Sans motif apparent, il manifestait une aversion profonde, haineuse contre les prêtres, et cela au point que les pères capucins se sentirent mal à l’aise en face de ce grincheux personnage.
        Il nous dit que nous étions ses sujets, et lui ayant répondu que nous étions, comme lui-même, sujets du roi, il s’emporta là-dessus, et tout en colère, menaça de nous ranger lorsqu’il serait dans son île.
        Oui, disait-il, vous êtes mes sujets; vous me devez obéissance. Je vous empêcherai d’aller où il vous plaira. Je prétends que vous ne puissiez aller en aucun endroit sans ma permission, et avons même eu dispute à cet égard. De Vauboulon déclara que dans ses ordres secrets on le faisait juge en dernier ressort et toute matière à l’île de Bourbon. « Oui, mon père, me dit-il, je serai tellement puissant en cette île que si quelqu’un vous venait accuser à ma justice, quoique faussement, si l’avais néanmoins deux témoins, je ne me pourrais exempter de vous faire pendre. Oui, Père, je vous ferais pendre. Vous auriez beau appeler de mon jugement en France, et me récuser pour juge, disant que je suis juge et partie, nonobstant tout cela, pater, je passerais outre, vous ferais votre procès et en serais approuvé, parce que je suis juge en dernier ressort et en toute sorte de matière.»

        Tel fut le personnage que la colonie de Bourbon eut à reconnaître pour Gouverneur.
        Le calvaire de Jacques Aubert et de ses compagnons d’infortune ne faisait que commercer.

        Le 5 décembre 1689, après sept mois de traversée le Saint-Jean Baptiste arriva enfin à Bourbon, et jeta l’ancre en rade de Saint Paul. La population de l’Ile ne comptait alors que 400 âmes y compris les domestiques de couleur (esclaves).
        (M.I Guët- Les origines de l’Ile Bourbon, extrait de Lettre du Père Hyacinthe de Quimper à M. Céberet – Archives coloniales. Extrême Orient. Ordres du Roi, Registre 27.)

        LE NAUFRAGE DU SAINT- JEAN-BAPTISTE
        Vers le 15 décembre 1689, aux premières menaces de l’ouragan, le capitaine du Saint Jean Baptiste avait voulu gagner le large afin de diminuer les chances de péril, mais de Vauboulon refusant obstinément de le laisser mettre à la voile causa la perte de l’un des plus grands navires de la Compagnie des Indes. En effet le 31 décembre vers 9h 30 du matin le cyclone se déchaîna d’une manière si violente, que le navire qui était toujours en baie de Saint Paul ne put appareiller, sa chaine d’ancre fut rompue, le vaisseau fut jeté sur les rochers, et brisé en mille morceau. Le lendemain le corps de l’aumônier du bord et de dix hommes d’équipage étaient rejetés par la mer. (Archives des colonies, Extrême-Orient. Reg.de Siam, 27)

        La perte de ce navire eut de lourdes conséquences car cinq années passèrent sans que l’ile Bourbon ne revoie un navire venant de France.

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        1. Trouvé ! Merci mille fois. En effet les soldats avaient bien souvent un surnom. Il faudrait retrouver son contrat d’engagement dans la Compagnie… Ou peut-être existent-ils certains documents en Anjou … Je pense, qu’au début du moins, Jacques devait donner des nouvelles à sa famille, sa mère en particulier… Mais il faudra beaucoup de chance !!!

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          1. Effectivement, retrouver ce contrat d’engagement ou autres documents se rattachant à lui serait formidable. De mon côté, résidant la Réunion, il m’est difficile de me rendre aux archives d’Angers ou de Lorient. Alors je compte sur votre opiniâtreté et bonne pioche. Félicitation pour votre remarquable travail.

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  4. Moi, je suis à Angers ! et je suis aussi issue de PLUSIEURS FAMILLES-… de primo arrivants -de la Réunion ! Aussi…comme j’ai des Aubert sur mon arbre angevin…mais en 1600 et quelques… Maintenant qu’on m’a donné ici la piste de Corzé, je vais chercher… MAIS : Bizarre, sur mon arbre, je ne trouve (Hélas) que 2 filles, mariées…donc ayant transmis d’autres noms. On va chercher à l’Agena aussi
    (fballain) de Françoise BALLAIN-RINALDI.

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