Lettre à un métayer, 25 août 1932

Histoires d’argent… Je ne pensais guère trouver quelque matière dans ma généalogie pour illustrer ce généathème lorsque je me suis souvenue de cette lettre qui fut écrite à mon grand-père, Jean NICOLAS, métayer à La Saunerie à Melay (49,) par la propriétaire de ses terres, Madame Anne de La Béraudière, le 25 août 1932.

Entre-deux guerres, crise financière mais aussi crise agricole… je vous laisse découvrir ce document

Le 25 août 1932

Mon cher Jean Nicolas

Comme vous, je suis bien inquiète et tourmentée par la crise actuelle qui fait peser sur l’agriculture des menaces perpétuelles, en ne permettant pas de faire d’avance approximativement état du prix des denrées comme cela avait lieu autrefois. Ce changement perpétuel de la valeur des objets cause partout et dans tout le commerce un gros préjudice que le gouvernement devrait faire cesser en empêchant des spéculations malhonnêtes.

Mais pour vous avec un bail en nature vous êtes à l’abri de ces variations de prix, pour votre fermage puisque vous payez votre terme suivant le cours du blé au moment du paiement. Chaque terme en un mot est fixé par le prix de la vente de vos denrées.

Remarquez du reste, que si avant la guerre vous aviez payé en nature, les conditions du bail d’après les prix de l’époque aurait été le même qu’actuellement !

J’ajoute que volontairement je ne serais jamais arrivée à la diminution désastreuse que la crise actuelle m’impose et va encore me faire toucher un fermage dérisoire comme celui des 9 années qui viennent de passer ; vous y avez eu de grands bénéfices et j’en suis très contente pour vous, seulement je n’aurais pas pu continuer à n’avoir que 1000 frs annuels de la Saunerie ! Le franc à 4 sous fait que 5000 se réduisent à 1000.

Je ne crois pas avoir jamais eu aucun désaccord avec votre Père, que je regrette bien comme métayer ; j’espère que le désaccord ne viendra pas non plus entre nous par des conseils qui ne seront pas de la famille Nicolas !!

Je vous prie d’exprimer à vos chers parents et à votre vaillante femme mes meilleurs mots d’amitié en en gardant pour vous une grande part.

Anne de la Béraudière.


Bon je ne suis pas historienne et l’économie n’est pas mon fort, mais il me semble bien que cette dame fait remarquer à mon grand-père qu’elle ne gagne plus du tout d’argent avec son fermage et que sa demande – car il me semble qu’elle réponde à une lettre qu’il lui aurait écrite – est irrecevable. Tout cela est dit bien joliment et fort poliment, mais il n’en reste pas moins que le fermage a dû être grandement augmenté par la suite…

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