Une ascendance impossible

Où l’on découvre qu’un oncle est peut-être un cousin et qu’il faut se méfier des liens de parenté…

Catherine CAILLAULT est mon sosa numéro 353. Elle appartient à la Génération 9. Il y a peu, j’ai découvert son ascendance, mais celle-ci pose problème. Voici pourquoi.

Le dix février 1722, à Saint-Laurent-De-La-Plaine, Catherine épousait Louis PITON. Malheureusement, Catherine étant veuve, ce mariage n’est pas filiatif.

 

Mariage de Catherine CAILLEAUD, veuve Jean CESBRON, avec Louis PITON, le 10 février 1722 à Saint-Laurent-de-la-Plaine – (AD49)

Le 10è jour de febvrier 1722 après la publication de trois bans dans cette église sans opposition et après les fiançailles faites dans cette église en ce jour, nous vicaire soussigné avons donné la bénédiction nuptiale à Louis PITON veuf de déffunte Renée COIGNEE et à Catherine CAILLAUD veufve de déffunt Jean CESBRON tous de cette paroisse : ce en présence de Mathurin COIGNÉ, Henry COURANT et de Mathurin DELAUNAY et de Jacques DUPÉ.

Précédemment, à Saint-Laurent-de-la-Plaine, on trouve le baptême d’une fille de Catherine CAILLAULT et de son premier mari, Jean CESBRON : Perrine CESBRON. La petite Perrine est baptisée le 1er janvier 1715. Son parrain est Pierre BLOUET, qui signe, sa marraine est Perrine CAILLAUT, fille de la paroisse de Chalonnes. Cette dernière aura toute son importance.

Baptême de Perrine CESBRON, fille de Catherine CAILLAUT et de son premier mari, Jean CESBRON. (AD49)

Le premier jour de janvier mil sept cent quinze est née et a esté baptisée par moy curé soussigné Perrine fille de Jean CESBRON journalier et de Catherine CAILLAULT son épouse, ont esté parain Pierre BLOUET journalier la marainne Perrine CAILLAULT fille de la paroisse de Saint Maurille de Chalonne, le parrain de cette paroisse, la marainne a dit ne signé de ce enquis. La minute est signée P. Bouet.

En ce même mois de janvier, le 26, décède Jean CESBRON, fils de Jean CESBRON et de Catherine CAILLAULT. Il avait environ deux ans. Quant à Perrine, sa vie est aussi très courte puisqu’elle décède le 10 mai 1720, âgée de cinq ans et quatre mois.

Les registres de Saint-Laurent-de-La-Plaine ne délivreront pas d’autres secrets. Je me retrouve en 1722 au second mariage de Catherine CAILLAUT, sans plus  d’informations sur son ascendance.

Balade à Chalonnes-sur-Loire

J’emprunte alors la piste de la marraine, Perrine CAILLAULT, de la paroisse de Chalonnes-sur-Loire, paroisse Saint Maurille. Je n’ai pas bien longtemps à chercher. Le 12 février 1715, je découvre son acte de mariage.

Mariage de Perrine CAILLAUD et de Mathurin DELAUNAY, le 12 février 1715, Chalonnes-sur-Loire.

Le douzieme jour de feuvrier 1715 apres trois publications de futur mariage faites dans cette église par trois dimanches consécutifs au prosne de la messe parroichiale sans qu’il se soit trouvé d’oposition ou d’empeschement qui soit venu à notre connoissance, ont esté fiancés et espousés en meme jour par nous curé soussigné Mathurin DELAUNAY becheur fils de défunt Henry DELAUNAY et de défunte Catherine BILLOTEAU d’une part, et Perrine CAILLAUD fille de défunt Pierre CAILLAUD et de défuncte Jeanne MARAIS d’autre part, tous de cette paroisse, ont été présens du coté de l’époux Etienne DELAUNAY frère propre demeurant en la parroisse de Chateaupane et de Sébastien DELAUNAY oncle demeurant paroisse de Saint Laurent de La Plaine, et de Clément ROBIN aussi oncle à cause de Mathurine DELAUNAY sa femme de la paroisse de La Pommeraye, et du coté de l’épouse, en présence de René TRINEAU de la paroisse de St Lézin frère à cause de Marguerite CAILLAUD sa femme, et de Jean CESBRON aussi frère à cause de Catherine CAILLAUD sa femme de la paroisse de Saint Laurent de La Plaine, et de Jacques DUPÉ oncle à cause de Renée MARAIS sa femme demeurant en cette paroisse qui ont dit ne scavoir signer fors les soussignés. J. Dupé – M. Bouet curé.

On y apprend non seulement que Catherine est bien la sœur de Perrine, puisque Jean CESBRON est présent en temps que frère « à cause de Catherine sa femme« , mais on y découvre également une autre sœur, Marguerite CAILLAUD, épouse de René TRINEAU et paroissienne de Saint-Lézin.

J’ai donc découvert l’ascendance de Catherine CAILLAULT. Ses parents sont Pierre CAILLAULT et Jeanne MARAIS et ils ont eu au moins 3 filles : Catherine, Marguerite et Perrine.

Détour par Saint-lézin

Petite vérification avec la troisième sœur, Marguerite CAILLAUD, qui s’est effectivement mariée à Saint-Lézin avec René TRISNEAU, le 31 janvier 1707.

Le dernier janvier et an après les publications des 3 bans en cette église de Saint Lézin au prones de nos grandes messes paroissiales par 3 jours de dimanches consécutifs et qu’il ne s’est trouvé aucune opposition mais seulement un empeschement du 3ème au 4ème degré de consanguinité découvert 15 jours après les publications des bans et dont les parties ont obtenu dispense …  entre René TRAINEAU serviteur domestique fils de défunt Martin TRESNEAU journalier et de Marie BOULESTREAU, âgé de 40 ans environ suivant l’extrait de son baptême fait à Saint Quentin en Mauges d’une part, et Marguerite servante domestique fille de Pierre CAILLAUD journalier et de Jeanne MERCIER âgée de 20 ans 2 mois suivant l’extrait de son baptême faict en cette église … en présence… den Louis TRAINEAU oncle paternel, laboureur de Saint Quentin et Pierre BOULESTREAU, laboureur de Sainte Christine, Pierre BOULESTREAU laboureur de cette paroisse, Pierre COURTOIS laboureur de cette paroisse, Jeanne MERCIER mère de ladite épouse, Pierre MERAND laboureur parain de ladite de cette paroisse, Jacques DUPÉ oncle de ladite de la paroisse de Saint Maurille de Chalonne, Jacques DENECHEAU et Jean DENECHEAU tixiers de cette paroisse soussignés… sont signés J. Denecheau – J. Denecheau – J. Dupay – Magdelaine Caillaud – P. Boutin Le Breton curé.

Beaucoup d’éléments dans cet acte dans lequel on retrouve l’oncle de la paroisse de Chalonnes, Jacques DUPÉ. Il s’agit donc bien de la sœur de mon ancêtre, mais cette fois, la mère est dite s’appeler Jeanne MERCIER, au lieu de Jeanne MARAIS. Néanmoins, grâce à l’âge de Marguerite et au lieu de son baptême qui nous sont donnés avec une extrême – et très rare – précision, je découvre qu’elle a été baptisée le premier décembre 1686, à Saint-Lézin, et qu’elle est bien la fille de Pierre CAILLAUD et de Jeanne MARAIS. Jeanne MERCIER semble bien n’être qu’un fantôme…

Acte de baptême de Marguerite CAILLAUD où l’on découvre que sa mère est bien Jeanne MARAIS. (Saint-Lézin, 1er décembre 1686).

Je passe sur la consanguinité du couple qui est trop ancienne pour être explorée. (Sachez simplement que « du 3ème au 4ème degré » signifie que l’un des arrières grands-parents de René TRISNEAU est le même que l’un des arrières-arrières grands parents de Marguerite…).

Il me reste à explorer la piste de Jacques DUPÉ, l’oncle de Chalonnes-sur-Loire. Ce dernier, qui sait signer, est présent au mariage de Marguerite et aussi à celui de Perrine. Il aurait épousé Renée MARAIS qui est donc très certainement la sœur de Jeanne MARAIS, la mère de Catherine et de Marguerite.

L’oncle de Chalonnes

Jacques DUPÉ et Renée MARAIS se sont effectivement mariés à Chalonnes-sur-Loire, le 7 août 1685. La mariée était alors veuve d’un certain Louis BOULESTREAU, mais à son mariage, son père est présent. Il s’agit d’Alexandre MARAIS. Jeanne MARAIS, mon ancêtre, serait donc la fille d’Alexandre.

En cherchant encore, je découvre cette fois le mariage de Renée MARAIS avec Louis BOULESTREAU. Ce mariage eut lieu le 25 juin 1676, toujours à Chalonnes-sur-Loire. Mais… catastrophe ! Renée est dite fille de … René MARAIS et de Philippe PLUMEJEAU, tandis que sont présents Alexandre et René MARAIS, ses oncles ! Le même jour est célébré un second mariage, celui de Marie MARAIS, également fille de René MARAIS et de Philippe PLUMEJEAU

Qui est donc le père de Renée et de Jeanne ? Alexandre ou René MARAIS ?

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. A Saint-Lézin, le 30 janvier 1679, je découvre enfin le mariage de Jeanne MARAIS, mon ancêtre, avec Pierre CAILLAUD. Ce mariage est filiatif. Merveilleux ! Sauf que Jeanne MARAIS n’est la fille ni d’Alexandre MARAIS, ni de René MARAIS, non, Jeanne MARAIS est la fille de Jean MARAIS et de Françoise DUPONT. 

Cela me laisse totalement perplexe ! Me faut-il envisager un couple totalement homonyme ? Même si rien de tel n’est impossible, cela paraît peu vraisemblable.  Dans l’absolu, Jeanne MARAIS peut donc être la fille de Jean MARAIS, d’Alexandre MARAIS ou encore de René MARAIS…

En attendant de nouvelles preuves, j’ai décidé de créer un ancêtre MARAIS qui serait le père de Jean, d’Alexandre et de René ; Jeanne et Renée ne seraient donc plus sœurs mais cousines. 

Descendance de « MARAIS » et liens supposés entre les filles MARAIS, Renée, Jeanne et Marie.

Jacques DUPÉ, l’oncle de Chalonnes, serait ainsi en réalité le cousin de Jeanne MARAIS, comme d’ailleurs le laisse entendre l’acte de décès de Louis PITON, mari de Catherine CAILLAUD, le premier septembre 1726 sur lequel Jacques DUPÉ est effectivement dit « cousin de la paroisse de Chalonnes »…

 

A suivre !

12 réflexions sur “Une ascendance impossible

    1. C’est bien possible en effet ! Des recherches en perspective… dès que je pourrai me rendre aux archives dont je suis bien loin pour l’instant !

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    2. Je me suis toujours demandé sur quelle base pouvait se baser un curé en 1720 pour connaître les ancêtres de mariants sur 4 générations …
      Belle recherche en tout cas…

      Aimé par 1 personne

  1. J’apprécie votre article car j’ai moi-même un cas similaire, dans la même région:
    -François BOULITREAU meurt à Belligné (44), en 1839, à l’âge de 84 ans (donc né vers 1755), fils de René et Magdelaine THOMAS
    – il se marie à Montrelais (44) avec Louise LIGER, il est dit fils de René et Marie LE ROY
    – après de très longues recherches dans le 44 et le 49, j’ai trouvé sa naissance (probable), à Chaudefonds-sur-Layon (49), en 1765, où il est fils de René BOULETREAU et de Marie LUCAS !
    Je pense que c’est sa bonne filiation car je n’ai trouvé aucune trace de Marie LE ROY ni Magdelaine THOMAS qui aurait pu correspondre…

    Aimé par 1 personne

    1. En effet, votre cas présente bien des similitudes ! Il est assez fréquent que le curé donne le nom de sa mère à une fille : quand on retrouve ce nom, tout s’explique, mais sinon… embrouille garantie !

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  2. Bonjour à Tous,
    Une petite réflexion en passant, Il est indiqué frère au lieu de beau-frère sur un des actes, ne pourrait-il pas être marqué père au lieu de beau-père concernant votre Alexandre Marais ? Jeanne Marais serait la Belle-fille et pas la fille, Renée Marais serait sa demi-soeur.
    Je n’ai pas regardé les détails, excusez-moi, mais cela vaudrait peut-être le coup de se pencher sur cet essai d’explication.
    Alexandre pourrait aussi être l’oncle Tuteur mais ce n’est pas indiqué.
    Bises à Tous.
    Claude

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup, c’est en effet souvent une possibilité. Malheureusement ici cela ne marche pas. Je n’ai pas tout dit, par souci de clarté, mais Alexandre MARAIS a aussi une fille prénommée Jeanne dont j’ai l’acte de baptême et les actes de mariage…

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  3. En généalogie tout peut arriver. Lors de mes recherches je suis tombé sur 2 couples du même village, mêmes prénoms de chaque côté, le premier enfant de chacun a reçu le même prénom. Il faut tout revoir et étudier la fratrie pour s’en sortir. Autre imbroglio, quatre génération de Louis, du XVIIe au XVIIIe siècle, dont les trois dernières se marient 2 fois ; sur un site de généalogie très connu, certains membres n’on pas hésité à donner les enfants d’un fils à son père et de lui attribuer un troisième mariage ; là aussi l’étude des fratries (quelque fois plus de 10 enfants) et la comparaison des signatures (ouf, ils savaient écrire) a été très utile.
    Mais votre histoire mériterait de s’y attarder un peu plus longement.
    Philippe

    Aimé par 1 personne

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