Eugénie Joséphine DESPLANTES et son petit billet de baptême, Fougeré, 1830

Jour 18 – Calendrier de l’Avent 2020

Eugénie Joséphine DESPLANTES (1830-1830)

Voici une petite fille dont les prénoms ont été choisis par sa mère qui, avant de l’abandonner, a réussi à trouver un moyen qu’ils lui soient transmis…

Déclaration d’Eugénie Joséphine DESPLANTES, 15 novembre 1830, huit heures du matin.

… par devant nous Louis François Mathurin RONCÉ notaire remplissant provisoirement en vertu d’arrêté de M. le Préfet de ce département du deux septembre dernier, les fonctions d’officier public de l’état-civil de la commune de Fougeré … est comparu à la chambre commune Jean DESMARS culitvateur demeurant au Plante à Fougeré, nous a déclaré que ce jour à six heures du matin, il a trouvé un enfant à côté de sa porte qui lui a paru naissant, dans les vêtements duquel il s’est trouvé un billet portant ses mots : (Je me nomme Eugénie-Joséphine, je suis baptisée). Le dit enfant était vêtue d’un lanjeux d’étoffe verte, une couche, un orrillé de coutil, une brassière d’étoffe brune, une chemise sans garniture en toile, un bonnet de soie noire garni d’une petite dentelle noire, la déclaration et présentation de l’anfant faite en présence de Silvain RITOUET et Louis LEMONNIER, les deux cultivateurs et majeurs demeurant au Plante, nous avons reconnu que ledit anfant étoit du sexe féminin, nous l’avons nommé sous le nom et prénom d’Eugénie Joséphine DESPLANTE, fille naturelle, avons ordonné qu’elle fut remie aux soins de la femme d’Adrien BELNOU demeurant aux Guilloterie, audit Fougeré, après lecture le déclarant et les deux témoins ont dit ne savoir signé de ce enquis.

Mais la petite Eugénie décède huit jours plus tard, le 23 novembre 1830. Le petit billet a-t-il été écrit par sa mère ? On ne le saura jamais…

Je n’ai trouvé à Fougeré qu’une seule autre déclaration de naissance qui mentionne que l’enfant a été baptisé, il s’agit de Jean Arthur DELAJAURIE, déclaré le premier octobre 1838.

Déclaration de naissance de Jean Arthur DELAJAURIE, premier octobre 1838, huit heures du matin.

… par devant nous François Charles LESAYEUX adjoint remplissant en l’absence du maire et par délégation les fonctions d’officier public de l’état civil de la commune de Fougeré, canton et arrondissement de baugé, département de Maine et Loire, est comparu le sieur Pierre SAVARD cultivateur, âgé de quarante sept ans, demeurant aux Souchetières en cette commune, lequel nous a déclaré que hier sur les neuf heures du soir ou environ, à l’instant où il venait de se coucher, il a été réveillé par plusieurs coups frappés à sa porte, s’étant levé pour en connaître le sujet, il n’a vu personne, mais il a trouvé au côté de sa porte un enfant tel qu’il nous le présente, qui venait d’y être déposé ; de suite, et avant de rentrer chez lui, il est allé réveiller les sieurs Urbain THIBAULT, cultivateur, âgé de vingt trois ans et Jean PANNEAU, aussi cultivateur, âgé de cinquante un ans, ses voisins demeurant au sus dit lieu des Souchetières, et en leur présence il a rentré chez lui l’enfant auquel sa femme a donné les soins que sa position réclamait. L’anfant était vêtu comme suit : savoir, coiffé d’un petit bonnet d’indienne blanche et rose, une chemise de toile de lin, brassière de chétive étoffe verte, un petit mouchoir de coton rouge et bleu, le tout enveloppé dans un lange de laine verte, couché sur un oreiller garni de balle d’avoine. Après avoir visiter l’enfant, nous avons reconnu qu’il était du sexe masculin, qu’il paraissait âgé de trois ou quatre jours, n’ayant trouvé aucune marque propre à le faire reconnaître, si ce n’est un petit billet attestant que l’enfant dont s’agit, a été baptisé à Cheviré le Rouge, lequel billet est signé P. A. JEANEAU, vicaire de Cheviré : de suite nous l’avons inscrit sous les nom et prénom de DELAJAURIE  Jean-Arthur, et avons ordonné qu’il fut remis à René MAUBERT, journalier en ce bourg, pour par lui être porté à l’hospice d’Angers…

Les années ont passé à Fougeré et, désormais, c’est à l’hospice en effet que sont confiés les enfants trouvés, que ce soit celui d’Angers, ou, parfois, celui de Beaufort.

D’autres enfants ont été trouvés au lieu des Plantes dont ils ont pris le nom :

Antoine DESPLANTES, 27 février 1827. Déclaré par André GOUZÉ, « trouvé à côté de sa porte, vêtu très pauvrement et mis dans un panier », confié à la veuve LANFANT de Barrière. [Enfant trouvée dans un panier.  [Calendrier de l’Avent – JOUR 8]

Louis DESPLANTES, 13 juillet 1830. Déclaré par Michel HESLEAU cultivateur demeurant aux Plantes. « Vers deux heures du matin on a frappé à sa porte, il a été ouvert, il a vu à côté de sa porte un ballot de chiffons … âgé d’un jour et vêtu de bons effets ». Confié à la femme de Michel HESLEAU.


Les enfants de Fougeré trouvés en 1830

Année particulièrement tragique : pas moins de seize enfants trouvés…

  1. Antoine SOUCHETIERES, 17 janvier 1830. Déclaré par Louise PINOT, femme de Pierre JAVARD, cultivateur demeurant aux Souchetières. « A cinq heures du matin, elle entendit frapper à sa porte, elle s’est levée, a ouvert sa porte, elle a vu un enfant … vêtu très pauvrement ». Confié à la veuve LEMENCE, cultivatrice au Barrillerais. [Calendrier de l’avent – JOUR 6]
  2. Mathias SOUCHETIERES, 5 février 1830. Déclaré par Louise PINOT, femme de Pierre JAVARD demeurante aux Souchetières. « Vers six heures, ayant ouvert sa porte, elle a apperçu un ballot qui lui a paru être un enfant, elle s’est approchée et elle a reconnu que d’était un enfant … vêtu très pauvrement ». Confié à la femme de Thomas PINOT cultivateur demeurant aux Souchetières.
  3. Aubin LACROIX, 1er mars 1830. Déclaré par René MOREAU cultivateur demeurant à La Croix. « Vers dix heures du matin, il s’est levé, a ouvert sa porte, il a vu à côté de la porte un enfant enveloppé de chiffons ». Confié à la femme de René MOREAU cultivateur à La Croix.
  4. Gabrielle OILLET, 25 mars 1830. Déclaré par Pierre LEMOINE cultivateur demeurant au Clos Doillet. « A quatre heures du matin ouvrant sa porte, il a vu à côté de sa porte un enfant enveloppé de chiffons … vêtu de différents bons effets ». Confié à la femme de Pierre LEMOINE du Clos Doillet. [Calendrier de l’Avent – Jour 15]
  5. Anne MAZIERES, 27 mars 1830. Déclaré par André GOUZÉ cultivateur demeurant aux Mazières. « A quatre heures du matin, on a frappé à sa porte, il a été de suite ouvrir sa porte, il a aperçu à côté un enfant enveloppé d’étoffe … vêtu de différents effets de bonne qualité ». Confié à la femme d’André GOUZÉ. Décédé le 18 mai 1830.
  6. Anselme CROUTTIERES, 27 avril 1830. Déclaré par Pierre LEMERT journalier. « Trouvé ce matin vers cinq heures un enfant à côté de sa porte … vêtu de différents bons effets ». Confié à la femme dudit Pierre LEMERT.
  7. Jean LATOUCHE, 27 avril 1830. Déclaré par la veuve Mathurin LEMERT cultivatrice demeurant au lieu de La Touche, « un enfant de sexe masculin, âgé d’un jour ou environ, vêtu de différents bons effets ». Confié à la veuve LEMERT.
  8. Joséphine ADAM, 17 juin 1830. Déclaré par Jacques ALLARDIN maréchal taillandier. « Vers trois heures du matin il a entendu frapper à sa porte, il s’est levé, a ouvert sa porte, il a aperçu un ballot dans lequel il y avait un enfant … vêtu de différents bons effets ». Confié à la femme de Laurent LEMONNIER ». Décédée le 23 février 1831.
  9. Félix VIELLIERES, 10 juillet 1830. Déclaré par Michel VALLET cultivateur. « Trouvé ce matin à côté de la porte, enveloppé de chiffons ». Confié à la femme de Jean POULAIN cultivateur demeurant aux Viellieres. Décédé le 2 août 1830.
  10. Louis DESPLANTES, 13 juillet 1830. Déclaré par Michel HESLEAU cultivateur demeurant aux Plantes. « Vers deux heures du matin on a frappé à sa porte, il a été ouvert, il a vu à côté de sa porte un ballot de chiffons … âgé d’un jour et vêtu de bons effets ». Confié à la femme de Michel HESLEAU.
  11. Louise CROUTTIERES, 25 juillet 1830. Déclaré par Pierre COUDRAIS. « Vers dix heures du soir, on a frappé à sa porte, il s’est levé, a ouvert sa porte, il a aperçu à côté un ballot d’étoffe … vêtu de haillons ». Confié à la femme de Pierre COUDRAIS. Décédée le 24 mars 1831. [Calendrier de l’avent – JOUR 6]
  12. Anne CHABOTTIERES, 1er août 1830. Déclaré par Louise FRESLON femme de François BOUTREUX closier demeurant aux Chabottières. « Hier, à sept heures du soir, se rendant de leur travail, il ont trouvé au devant de leur porte bien fermée par une barrière à claire voie, un ballot d’étoffe et après avoir examiné l’objet, ils ont vu et reconnu que c’était un enfant … âgé de dix-huit à vingt jours et vêtu de chiffons ». Confié à la veuve Urbain GUILLEMET. Décédée le 18 décembre 1830.
  13. Augustin BARILLERAIS, 31 août 1830. Déclaré par la veuve Jacques LEMÊME cultivatrice demeurante aux Barillerais. « A une heure du matin, on a frappé à sa porte, elle fut levée, a été ouvrir sa porte, elle a aperçu un ballot d’étoffe et vu que c’était un enfant … vêtu de chiffons ». Confié à la femme de Jean LHOMMEAU cultivateur aux Barillerais.
  14. Florence LATOUCHE, 26 octobre 1830. Déclaré par Anne LANCERT demeurante à La Touche. « Vers quatre heure du matin, elle s’est levée pour voir à ses bestiaux, après avoir ouvert sa porte, elle a entendu crier un enfant, elle a aperçu l’enfant à côté de sa porte, l’ayant pris aussitôt et rentré dans sa maison afin de lui prodiguer les secours dont il avait besoin, elle nous a présenté l’enfant de la manière qu’elle l’a trouvée, emmaillotée et vêtu de très mauvais effets ». Confié à la femme de Jean POULAIN cultivateur demeurant aux Viellieres. Décédée le 26 décembre 1831.
  15. Eugénie Joséphine DESPLANTES, 15 novembre 1830. Déclaré par Jean DESMARS cultivateur demeurant aux Plantes. « Ce jour, à six heures du matin, il a trouvé un enfant à côté de sa porte qui lui a paru naissant, dans les vêtements duquel il s’est trouvé un billet portant ses mots : « Je me nomme Eugénie-Joséphine, je suis baptisée. » Le dit enfant était vêtue d’un lanjeux d’étoffe verte, une couche, un orrillé de coutil, une brassière d’étoffe brune, une chemise sans garniture en toile, un bonnet de soie noire garni d’une petite dentelle noire ». Confié à la femme d’Adrien BELNOU. Décédé le 23 novembre 1830. [Calendrier de l’Avent – Jour 18]
  16. Clémence BARILERAIS, 25 novembre 1830. Déclaré par Marie COUYÉ veuve de François DARONDEAU. « … une voix s’est fait entendre et a demandé s’il y avait du monde à la maison, elle a répondu que oui et que de suite elle a ouvert sa porte et a trouvé un enfant … vêtu d’une chemise de toile sans garniture, une brassière de molleton blanc bordée de gallon de fil blanc, une couche de toile, un langeux d’étoffe brune, un mouchoir de mousseline à petit pois avec une bordure de tulle à tuyaux doublée d’une garniture, un petit bonnet de calicot bordé d’une dentelle … ». Confié à la veuve Michel CHAUDET, cultivateur, demeurante aux Barrilerais. Domestique, mariée le 13 juin 1859, Vern d’Anjou avec Pierre LABICHE, laboureur, dont postérité.

2 réflexions sur “Eugénie Joséphine DESPLANTES et son petit billet de baptême, Fougeré, 1830

  1. Toutes ces « adoptions » d’enfants restent impressionnantes !
    D’après Wikipedia, à Fougeré, c’est en 1831 que la population était la plus nombreuse… Regardez les chiffres :
    1806 1821 1831 1841 – Année
    1 356 1 487 1 596 1 569 – Habitants
    112 habitants de plus en 10 ans (entre 1821 et 1831) , soit 8% d’habitants en plus, c’est beaucoup, n’est-il pas ?
    Combien y a-t-il en tout d’enfants qui ont été « adoptés » à Fougeré ? … parce que c’est quasi une adoption…

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