Mathieu LATOUCHE, enfant naturel, et les bonnets de dentelle, Fougeré, 1825

Jour 16 -Calendrier de l’Avent 2020

Cela devient presque habituel. L’enfant trouvé porte le nom du lieu où il a été déposé. Ici, Mathieu LATOUCHE, trouvé par Julien MICHEL, cultivateur à La Touche. Ses vêtements sont assez bien détaillés et semblent en bon état. Son bonnet est même bordé de dentelle…

 

L’an mil huit cent vingt cinq, le vingt quatrieme jour du mois de février, à huit heures du matin, par devant nous LAILLIER Pierre adjoint délégué faisant les fonctions d’officier public de l’état civil de la commune de Fougeré, arrondissement de Baugé, département de Maine et Loire, est comparu Julien MICHEL cultivateur, lequel nous a présenté un anfant du sexe masculin âgé d’un jour, qu’il déclarent avoir trouvé le matin à coté de sa porte, ledit Julien MICHEL a réuni les sieurs Urbain BILLARD cultivateur pagé de quarante huit ans, et Louis ALLORY filacier âgé de trente ans, domicilié de Cheviré, pour levé cette anfant qui étoit esposé à la porte de sa maison à La Touche en cette commune de Fougeré, ledit anfant était vêtu d’un langeux de molton racomodé de leinge, un orriler de toille ensouiller de bal d’avoinne, un mouchoir rouge, un bonnet aussi rouge bordé de dentelle blanche, et auxquel nous avons donné les prénoms de Mathieu LATOUCHE anfant naturel en présence des temoins sus nommé, et après leur avoir donné lecture ainsi qu’au déclarant, il nous ont declaré ne savoir signé de ce ansuis.

L’enfant meurt le 18 août 1831 à La Touche, dans la maison de Julien MICHEL à la femme duquel il avait été confié. Il avait six ans.

Les bonnets de dentelle

Parmi les effets des enfants trouvés, ce sont souvent les bonnets qui sont ornés de dentelle. On peut citer en particulier :

  • Un bonnet de soie noire garni d’une petite dentelle noire (Eugénie Joséphine DESPLANTES, 1830)
  • Un petit bonnet de calicot bordé d’une dentelle (Clémence BARRILLERAIS, 1830)
  • Un bonnet piqué d’indienne fond brun avec tache rouge garni d’une dentelle noire (Félicité LATOUCHE, 1832) ;
  • Un bonnet d’indienne blanche marquée de taches rouge et dentelle blanche (Joseph GRINDINIERE, 1832)
  • Un bonnet de Guinguamp à petits grains (Emerence CHEVALLERIE, 1831) ;
  • Un bonnet d’indienne gorge-pigeon (Vincent CHEVALLERIE, 1832) ;
  • Un bonnet brun d’indienne avec un petit serre-tête de calicot blanc (Françoise DOBERT, 1832)
  • Un bonnet d’indienne grise à petites fleurs (Ernest Léopold LATOUCHE, 1833).

Et les autres enfants LATOUCHE

Euphrosie LATOUCHE, 15 mars 1826. Déclaré par Julien MICHEL cultivateur. L’acte ne précise pas à qui est confiée l’enfant. « … est comparu Julien MICHEL closier, lequel nous a présenté un enfant qu’il déclare avoir trouvé hier soir sur les huit heures du soir dedans un panier placé à côté de sa porte…  du sexe féminin, âgé d’environ un jour, vêtu d’un langeux, trois chemises fines, deux mouchoirs rouges et d’un bonnet brun… » [Calendrier de l’avent – JOUR 10]

Marie LATOUCHE, 21 août 1828. Déclaré par la veuve Mathurin LEMERT cultivatrice demeurant au lieu de La Touche. Trouvé « exposé à sa porte ». Confiée à la femme de Pierre LEMOINE cultivateur au Clos Doillet. Décédée le 6 novembre 1829.

Jean LATOUCHE, 27 avril 1830. Déclaré par la veuve Mathurin LEMERT cultivatrice demeurant au lieu de La Touche, « un enfant de sexe masculin, âgé d’un jour ou environ, vêtu de différents bons effets ». Confié à la veuve LEMERT.

Florence LATOUCHE, 26 octobre 1830. Déclaré par Anne LANCERT demeurante à La Touche. « Vers quatre heure du matin, elle s’est levée pour voir à ses bestiaux, après avoir ouvert sa porte, elle a entendu crier un enfant, elle a aperçu l’enfant à côté de sa porte, l’ayant pris aussitôt et rentré dans sa maison afin de lui prodiguer les secours dont il avait besoin, elle nous a présenté l’enfant de la manière qu’elle l’a trouvée, emmaillotée et vêtu de très mauvais effets ». Confié à la femme de Jean POULAIN cultivateur demeurant aux Vieillieres. Décédée le 26 décembre 1631.

Félicité LATOUCHE, 8 mars 1832, sept heures du matin. Déclaré par Jean GAUDIN cultivateur demeurant au lieu de La Touche, « cette nuit à dix heures du soir, il a entendu frapper à sa porte et qu’aussitôt étant sorti, il a trouvé sur l’évier de sa maison un enfant du sexe féminin, paraissant né depuis trois à quatre jours, enveloppé dans un orriller de toile commune blanche, d’une chemise de toile commune, une brassière et un lanjeu de molleton blanc neuf, un bonnet piqué d’indienne fond brun avec tache rouge garni d’une dentelle noire. Il se trouvait dans le trousseau deux chemise et trois couches sans marque ni tache sur le corps ». Confié à la femme François POULAIN cultivateur aux Vieillieres. Décédée le 16 mars 1832.

Ernest Léopold LATOUCHE, 25 juin 1833. Déclaré par Urbain DOLBEAU cultivateur demeurant à La Touche. « … hier soir sur les onze heures, il a entendu frappé à sa porte, s’étant levé, il y a trouvé exposé un enfant couché sur une pierre, enveloppé dans un oreiller de grosse toile blanche ayant plusieurs pièces de coutil, vêtu d’un lange en coutil bleu et blanc, une couche en toile blanche  d’une médiocre valeur, une brassière en molleton blanc un peu usée, d’un bonnet d’indienne grise à petites fleurs, une petite chemise en mousseline de nulle valeur, qui sont tous les objets trouvés… masculin, âgé d’un jour… ». L’acte ne précise pas à qui l’enfant est confié.

Sans oublier une petite variante, Etienne TOUCHARD, trouvé au dit lieu de La Touche et dont j’ai parlé ici.


Les enfants trouvés à Fougeré en 1828

Ils sont au nombre de 14. L’année 1828 est donc particulièrement « riche » en enfants trouvés et seule l’année 1830 dépassera ce triste « record ». Ces chiffres faramineux donnent le tournis… Mais qu’y avait-il donc de si singulier à Fougeré pour qu’on y abandonne autant d’enfants ?

  1. Lucien FLORENT, 6 janvier 1828. Déclaré par la veuve PEAN cultivatrice chez qui on l’a déposé dans la nuit, « âgé d’environ quatre mois et demi, vêtu d’un langeux et une brassière barrées en étoffe, une souille d’orriller en couetti, un bonnet de soie ». Confié à la femme de Pierre LEMERT du Clos Doillet à Fougeré.
  2. Pierre Charles Joseph De La BROSSE, 19 janvier 1828. Déclaré par Baptiste BOUVIER, cordonnier. « Trouvé à côté de sa porte, enveloppé dans un ballot de chiffes », vêtu très pauvrement ». Confié à la femme du dit BOUVIER.
  3. Ignace BARRIER, 1er février 1828. Déclaré par René COUBAIS, « trouvé exposé à côté de sa porte, vêtu très pauvrement et mis dans un orriller ensouillé de plumes de vollaille ». Confié à la veuve LANFANT journalière demeurant au Barrier à Fougeré. Décédé le 14 mars 1828.
  4. Jean De MATHA, 7 février 1828. Déclaré par Julien MICHEL cultivateur demeurant à La Touche. « Trouvé à sa porte, âgé de quatre jours, vêtu de différents bons effets et mis dans un orrillé ». Confié aux soins de la femme de Jean BATAILLAU demeurant au Chevalerie à Fougeré. Décédé le 18 février 1828.
  5. François AVRIL, 1er avril 1828. Déclaré par la femme de Pierre LEMERT demeurant au clos Doillet. « Trouvé à sa porte, vêtu très pauvrement ». Confié à la femme de Jean LANDELLE charpentier demeurant au bourg de Fougeré. [Calendrier de l’avent – JOUR 6]
  6. Louise DUFRONT, 20 avril 1828. Déclaré par Marie LANCELOT veuve Maurice PEAN cultivatrice demeurant à La Roullière, « trouvé un enfant à sa porte, mis dans un panier, vêtu très pauvrement ». Confiée à la femme de Jean BATAILLAU des Chevallerie. Décédée le 13 novembre 1829. [Enfant trouvée dans un panier, Calendrier de l’Avent – JOUR 8]
  7. Benoît MORELLERIE, 10 juillet 1828. Déclaré par Mathieu VAIDIS, cultivateur demeurant à la Morellerie (mon ancêtre, époux de Jeanne RAVENEAU). « On a frappé à sa porte, il s’est levé, a trouvé à côté de sa porte un enfant, âgé d’environ huit jours, vêtu d’un langeux et d’une chemise bien usée ». Confié à la femme LANFANT cultivatrice demeurant à Barrier. Décédé le 24 juillet 1828. [Calendrier de L’Avent – Jour 13]
  8. Marie LATOUCHE, 21 août 1828. Déclaré par la veuve Mathurin LEMERT cultivatrice demeurant au lieu de La Touche. Trouvé « exposé à sa porte ». Confiée à la femme de Pierre LEMOINE cultivateur au Clos Doillet. Décédée le 6 novembre 1829. [Calendrier de l’Avent – Jour 16]
  9. Victoire MAURICE, 22 septembre 1828. Déclaré par la veuve Mathurin LEMERT cultivatrice au lieu et closerie de La Touche. Trouvé « à sa porte, un enfant enveloppé dans un chiffon d’étoffe noire avec un langeux et une brassière de molleton usés et un bonnet et un mouchoir, ces deux objets bien usés ». Confiée à la veuve Mathurin LEMERT. Décédée le 24 mars 1831.
  10. Marguerite OILLET, 1er novembre 1828. Déclarée par Pierre LEMOINE cultivateur demeurant au Clos Doillet. Trouvé « exposé à côté de sa porte sur un mullot (= meule de foin) de grette (=guerte, fragment ligneux de la tige du lin ou du chanvre que l’on a broyé), vêtu d’un langeux de molleton, une brassière d’étoffe noire, un bonnet noir, un mouchoir à carreaux et deux couches. » Confiée à la femme de Pierre COUDRET cultivateur. [Mention marginale = Reconnue par demoiselle Adèle DERENNE de La Flèche… Le reste peu lisible…] – Lingère, Mariée à La Flèche le 14 juin 1847 avec Jean-Baptiste CHAUVIER. [Calendrier de l’Avent – Jour 15]
  11. Victoire AUTREUX, 28 novembre 1828. Déclaré par Pierre LAILLER cordonnier. Trouvé « exposée ce jour vers cinq heures du matin à côté de sa porte », « vêtue très pauvrement ». Confiée à la fille FRESNEAU. [Calendrier de l’avent – JOUR 6]
  12. Anne LAMARRE , 28 novembre 1828. Déclarée par André GOUZÉ cultivateur. « Le jour d’hier vers six heures du soir, il passait près la marre nommée la Mare des Herrières. Il a vu un ballot d’étoffe sur bord de cette dite mare. Il s’est approché, il a aperçu que c’était un enfant, enveloppé d’un cotillon d’étoffe brune ». Confiée à la femme d’André GOUZÉ cultivateur aux Herrières. Mariée à Fougeré le 21 avril 1849 avec François Simon HUBERT cultivateur aux Herrières. [Calendrier de l’Avent – Jour 17]
  13. Pierre DESJARDINS, né à Saint-Quentin. Confié à la femme de Michel CHAUDET demeurant aux Barrillerais. Décédé le 17 septembre 1828, âgé de sept mois et deux jours.
  14. Noël ETIENNE, 25 décembre 1828. Déclaré par Jean LANDELLE charpentier. « Ce jour à cinq heure du matin, il s’est levé à sortir dans la rue, il a trouvé à côté de sa porte un ballot dans lequel il y avait un enfant », « vêtu de haillons ». Confié à la femme de Louis GAUMONT. Reconnue par Louise RITOIT domestique demeurant à Bailleul (Sarthe), le 28 janvier 1849. [Calendrier de l’Avent – Jour 25]

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