Marguerite OILLET trouvée sur un mulot de grette, Fougeré, 1828

Jour 15 – Calendrier de l’Avent 2020

Un certain nombre d’enfants sont trouvés au lieu-dit Clos d’Oyer, orthographié autrefois Clos d’Oillet, d’où un certain nombre d’enfants trouvés à Fougeré s’appelant … OILLET. En voici une, Marguerite OILLET, trouvée en 1828 sur un mullot (= meule de fois) de grette (= »guerte, fragment ligneux de la tige du lin ou du chanvre que l’on a broyé). J’imagine donc qu’elle était posée sur une sorte de fagot…

Marguerite OILLET

Fougeré, déclaration de naissance de Marguerite OILLET, 1er novembre 1828, heure de midi.

L’an mil huit cent vingt huit, le premier jour du mois de novambre à l’heure de midi, par devant nous LAILLIER Pierre adjoint municipal de la commune de Fougeré faisant par délégation du maire les fonctions d’officier public de l’état civil de la dite commune, est comparu à la maison commune de Fougeré Pierre LEMOINE cultivateur demeurant au Clos Doillet, lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin qu’il nous a déclaré avoir trouvé exposé ce jour à cinq heures du matin à côté de sa porte sur un mullot de grette, qu’il avoit aussiteau été chercher les sieurs Germain HUBERDEAU closier âgé de cinquante ans demeurant à la ville et Germain HUBERDEAU son fils demeurant aussi à la ville pour levé et visiter cette anfant, qu’il nous ont présetné, avons reconnu qu’il étoit du sexe féminin âgé d’un jour, vetu d’un langeux de molton, une brassière d’étoffe noire, un bonnet noir, un mouchoir à carreaux et deux couche, nous l’avons enregistré en présence du déclarant et des deux témoins sus nommés, et nous l’avons nommée sous le nom et prénom de Marguerite OILLET anfant naturel, avons ordonné qu’il [soit] remis de suite aux soins de la femme de Pierre COUDRET cultivateur demeurant aux Croultières, qui a bien voulu sans charger, après lecture faites au déclarant et aux deux témoins…

La petite Marguerite a de la chance. Elle est reconnue par sa mère, Adèle DERENNE. Du moins c’est ce qui semble être écrit dans la marge de son acte de naissance car, malheureusement, une partie de l’annotation est illisible.

Mention de reconnaissance inscrite dans la marge de l’acte de naissance de Marguerite OILLET.

Voici ce que l’on peut déchiffrer :

Reconnue par demoiselle …dèle DERENNE de La Flèche suivant acte … et inscrit sur les registres de l’Etat civil de … 1847 dont mention …

En farfouillant les tables décennales de La Flèche, mon attention a été retenue par un mariage mentionnant une certaine Marguerite DERENNE, mariage ayant eu lieu le 14 juin 1847, et… bingo ! Il s’agit bien de ma Marguerite OILLET devenue DERENNE. Sa mère est morte depuis une dizaine d’années mais il semble qu’elle l’ait reconnue avant de disparaître. Voici le début de l’acte de mariage de Marguerite :

Mariage de Jean-Baptiste CHAUMIER et de Marguerite DERENNE, 14 juin 1847, La Flèche – (AD72).

… Et mademoiselle Marguerite DERENNE, lingère, aussi domiciliée en cette ville, née en la commune de Fougeré (Maine et Loire), le trente et un octobre mil huit cent vingt huit, fille mineure et naturelle reconnue de feue Adèle DERENNE, décédée au Mans, le six avril mil huit cent trente neuf, Monsieur Magloire RIGUET cordonnier, demeurant en cette ville, nommé tuteur ad hoc de la dite mineure Marguerite DERENNE à l’effet de l’assister et l’autoriser à se marier avec monsieur Jean-Baptiste CHAUMIER prénommé, suivant délibération du conseil de famille de celle-ci, prise sous la présidence de Monsieur le Juge de Pais du canton de La Flèche, le vingt six mai dernier, enregistré ici présent et consentant d’autre part…

Marguerite a donc une mère, Adèle DERENNE. Celle-ci était couturière. Elle devait être bien pauvre… Elle est décédée à l’asile âgée de 29 ans. Son acte de décès nous donne également ses parents, Louis DERENNE et Jeanne HORONAIN… Marguerite a donc des parents, des racines… et un mari !

Autres enfants trouvés nommés OILLET

Gabrielle OILLET, 25 mars 1830. Déclaré par Pierre LEMOINE cultivateur demeurant au Clos Doillet. « A quatre heures du matin ouvrant sa porte, il a vu à côté de sa porte un enfant enveloppé de chiffons… vêtu de différents bons effets« . Confié à la femme de Pierre LEMOINE du Clos Doillet.

Médard OILLET, 08 juin 1831. Déclaré par Madelaine BESLAUD femme d’Urbain BATAILLEAU cultivateur demeurant au Clos Doillet. « A deux heures du matin, une voix de femme s’est fait entendre et a frappé à sa porte à deux heures du matin, a trouvé un enfant placé sur le seuil de sa porte vêtu d’une chemise, une couche, une brassière d’étoffe noire, un langeux aussi d’étoffe noire, le tout mis dans un oreiller de toile garni de plume de volaille ». Confié à la veuve Urbain GUILLEMET cultivatrice.


Les enfants trouvés à Fougeré en 1827

  1. Antoine DESPLANTES, 27 février 1827. Déclaré par André GOUZÉ, « trouvé à côté de sa porte, vêtu très pauvrement et mis dans un panier », confié à la veuve LANFANT de Barrière. [Enfant trouvée dans un panier, Calendrier de l’Avent – JOUR 8]
  2. Jeanne MAUPERTUIS, 11 avril 1827. Déclarée par Pierre LEMOINE, fermier de Maupertuis. « Trouvé à côté de sa porte, vêtue d’un langeux d’étoffe noire, une brassière de molleton usée, un bonnet rouge, un mouchoir rouge et une chemise ». Décédée le 26 avril 1827. Décédée en la maison de Jeanne LELIEVRE demeurant à La Touche à qui elle avait été confiée. [Jeanne MAUPERTUIS ou les enfants au mouchoir rouge, Fougeré, 1827-1829]
  3. Augustine LAROCHE, 8 mai 1827. Déclarée par la veuve SEILLOT, cultivatrice aux Herrières,  » laquelle a trouvé un enfant enveloppé dans un langeux de molleton, avec une brassière aussi de molleton, le tout neuf, un bonnet, deux chemises et deux couches avec un oriller ». Confiée à la fille Marie GOUZÉ demeurant aux Herrières.
  4. Jean LAROCHE, 26 juin 1827. Déclaré par Pierre COUDRAI, cordonnier. « Trouvé à côté de sa porte, mis dans un langeux d’étoffe, une brassière, un bonnet, un mouchoir, deux couches, le tout à peu de valeur ». Confié à la veuve Mathurine JUBEAU de Champs au Bout à Fougeré.
  5. Bonaventure DUPUIS, 29 juillet 1827. Déclaré par la femme de Michel CHAUDET demeurant aux Barrillerais. « Trouvé exposé à côté de sa porte, vêtu très misérablement, c’est pourquoi nous ne parlons point des vêtements qu’il avait ». Confié à la femme CHAUDET des Barillerais. [Calendrier de l’avent – JOUR 10]
  6. Anne GERMAIN, 30 juillet 1827. Déclarée par Catherine LEMERT femme de Pierre COUDRAY, cordonnier. « Trouvé à côté de sa porte, vêtu d’un langeux et d’une brassière de molleton usée, une souille d’orriller, un mouchoir brun, une chemise garnie en caliquot, deux couches ». Confiée à la femme VALLET de Fougeré.
  7. Jean DE LA BROSSE, 21 octobre 1827. Déclaré par François CARRÉ. « … il a entandu frapper à sa porte, il a été prontement ouvrir la porte, et il a apersu auprès de sa maison un ballot d’étoffe, il a regarder, et il a vu qu’il y avait dedans le ballot un anfant… qu’il était du sexe masculin, âgé d’environ deux jours… » Confié à la femme dudit François CARRÉ. [Les enfants trouvés de François CARRÉ, Calendrier de l’avent – JOUR 4]
  8. Hyacinthe BLANCHE, 4 décembre 1827. Déclaré par Etiennette BERTON fille demeurant à la Maison Blanche. « Trouvé exposé à sa porte, de sexe masculin, vêtu d’un langeux, un bonnet d’indienne, un mouchoir rouge et une couche, étant mis dans un oriller de toile usée ». Confié à la fille THIELLEUX demeurant aux Mazières, commune de Fougeré. Décédé le 15 septembre 1829. [Calendrier de l’avent – JOUR 10]
  9. Victoire DESCHAMPS, 4 décembre 1827. Déclaré par Urbain BILLARD, Julien MICHET et Martin LANDON, trouvée « exposée à la porte dudit Julien MICHET », « vêtu d’un langeux d’étoffe neuf avec une brassière pareille, un mouchoir rouge et un bonnet d’indienne, avec deux couches, le tout mis dans un orriller de couetty (=coutil) usé ». Confiée à la veuve Mathurin LEMERT demeurante au lieu de La Touche à Fougeré.

5 réflexions sur “Marguerite OILLET trouvée sur un mulot de grette, Fougeré, 1828

  1. Tiens, tiens, voilà un élément intéressant. Marguerite, née en 1827, a été reconnue par sa mère en 1847, bien que celle-ci était déjà décédé depuis 1838, Marguerite avait alors 11 ans. Donc tout cela n’était pas si secret… Marguerite et sa nourrice devaient connaître la maman… qui vieillait de loin sur son enfant.
    Y avait-il un bienfaiteur à Fougeré, Baugé ou La Flêche… qui aidait financièrement ces nourrices ?
    Françoise, t’as déjà ta p’tite idée, n’est-il pas ?

    Aimé par 1 personne

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