Une vie presque ordinaire, Joséphine TROUVÉ (1831-1893)

Joséphine TROUVÉ (1831-1893)

Dans un article précédent, j’ai évoqué la vie, bien triste, de Joseph HERVAULT. Mais quelle fut la vie de sa femme,  Joséphine TROUVÉ ?

Elle naquit le 17 septembre 1831 à Montfort-sur-Meu, à quelques kilomètres d’Iffendic.

Carte de Monfort-sur-Meu – (Wikipedia)

Sur son acte de naissance, il est dit que ses parents, Mathurin TROUVÉ et Françoise TROUFLARD demeuraient Rue de l’Horloge.

La Rue de l’Horloge vers 1900. (Sans doute n’avait-elle guère changée depuis la naissance de Joséphine en 1831.)

Comme beaucoup de jeunes filles bretonnes de milieu modeste, Joséphine est placée très tôt comme domestique. On la découvre ainsi parmi le serviteurs du fermier du Val en Iffendic lors du recensement de 1851. Elle a alors une vingtaine d’années.

Pour quelle raison ne se marie-t-elle pas ?  Difficile de le savoir… En 1860, elle met au monde une petite fille dont le père est inconnu et que l’on nommera Anne Marie Françoise. Joséphine laisse la petite fille chez son père pour aller travailler à Talensac à la ferme de Guillermoux. C’est là qu’elle rencontre son futur mari, Joseph HERVAULT, journalier dans la même ferme. Était-il le père de cette enfant née hors mariage ? Peut-être… Quoi qu’il en soit il ne la reconnaîtra jamais pour sa fille.

En 1861 Joséphine a une bonne trentaine d’années et une petite bâtarde, mais elle se marie enfin. Il semble qu’elle s’installe avec son mari à Iffendic, chez son père, Mathurin TROUVÉ. C’est là en effet que naissent leurs enfants : Anne-marie, mon ancêtre, en 1862, Marie-Josèphe, en 1864 – qui ne vivra que quelques mois –  et enfin, François, en 1867, puis Joseph Marie en 1869. C’est également son père qui conduit les enfants à la mairie, pendant que Joseph est, comme je l’ai raconté ici, en prison.

Joséphine semble de toute façon trouver peu de soutien auprès de son mari. Même lorsqu’il n’est plus détenu, il semble qu’il s’éloigne de plus en plus de sa femme et de ses enfants. Lorsqu’il décède, en 1873, il meurt seul, à l’écart de sa famille. On le dit « sans asile fixe », comme si Joséphine – ou son père – l’avait jeté hors du domicile conjugal ! Quoi qu’il en soit il laisse Joséphine avec quatre enfants sur les bras, deux filles et deux garçons, le dernier ayant à peine quatre ans.

Joséphine continue de vivre chez son père, Mathurin TROUVÉ. En 1876, elle y est recensée avec ses deux plus jeunes fils. Ses deux filles aînées ont  été placées comme servantes, sans doute dans des fermes plus riches. C’est ainsi, certainement, qu’Anne-Marie se retrouve, de loin en loin, à Villevêque.

Peu de temps après, la famille déménage au Buisson, non loin du Valet.

Iffendic, Le Valet et Le Buisson – (Source – Géoportail)

Le premier octobre 1884, le père de Joséphine, Mathurin TROUVÉ, meurt, il était âgé de 78 ans. Ce sont des voisins qui déclarent le décès.

Presque dix ans plus tard, Joséphine disparaît également. Elle vit alors chez son gendre, Thimothée GUILLOREL, époux de sa première fille, Anne Marie Françoise, toujours au lieu-dit du Buisson. Ses fils, François et Joseph, sont également présents. Mais qu’en est-il de sa seconde fille, Anne Marie, mon ancêtre, qui vit à 200 kilomètres de là ? En 1893, elle a déjà trois filles. Ces dernières ont-elles connues leur grand-mère ? Anne-Marie a-t-elle revu  sa mère avant sa mort ? Rien n’est moins sûr…


La semaine 10 du défi « 52 ancêtres en 52 semaines » a pour thème, « Femme Forte ». Pour moi, toutes les femmes d’autrefois étaient fortes ! Non seulement elles abattaient un travail considérable dans des conditions rudimentaires – pas d’eau courante, pas d’électricité, souvent peu d’argent et peu de ressources, mais, en plus, elles risquaient leur vie à chaque accouchement !

Voici donc la vie de Joséphine TROUVÉ, mère d’Anne-Marie HERVAULT, ma petite ancêtre bretonne ; une grand-mère, comme toutes les autres mais à sa manière, « très forte » à la vie non pas extraordinaire mais presque ordinaire !

5 réflexions sur “Une vie presque ordinaire, Joséphine TROUVÉ (1831-1893)

  1. Je ne trouve pas que la vie de Joséphine soit ordinaire … Quelle femme méritante d’avoir élevé ses enfants dans ces conditions !
    Heureusement, elle pouvait compter sur son père pour lui apporter son aide.
    Cela n’a pas dû être facile de retrouver la vie compliquée de cette famille. Deux enfants portent le même prénom : Anne Marie.
    Et Joséphine qui se déplace de façon imprévisible, comme elle peut…

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