E comme ESPION ou Pierre EON (~1664-1710)

Où l’on découvre la vie de Pierre EON, les baptêmes de ses nombreux enfants, l’Abbaye du Perray et le syndic d’une paroisse…

Pas d’espion… mais des EON et en quantité ! Oui, je sais, c’est un peu tiré par les cheveux… Bon, voici un lien vers la vie du célèbre chevalier d’EON. Pour ma part, je vais me tourner vers l’un de mes ancêtres choisis parmi mes nombreux EON.


Vie de Pierre EON 

Né vers 1664, Pierre EON était syndic de la paroisse de Saint-Sylvain et il savait signer. Son père, Pierre EON, était métayer à l’Abbaye du Perray et sa mère se nommait Gabrielle DURAND. Ayant vécu dans la seconde moitié du XVIIème siècle, il a vécu principalement sous le règne de Louis XIV. Il aurait pu rencontrer Corneille (1625-1709), Racine (1639-1699), La Bruyère ( 1645-1696) ou même La Fontaine (1621-1695) …

Lorsque Pierre EON se marie le 4 juillet de l’an 1690 à Angers dans la paroisse de Saint-Samson, ses parents, Pierre EON  et Gabrielle DURAND sont déclarés décédés. Il est donc assisté de son oncle Michel EON, maître cordonnier, qui demeure à Angers, paroisse de La Trinité, et de son cousin germain, fils du précédent, Claude EON, également maître cordonnier.

Acte de mariage de Pierre EON et Jeanne POULAIN, 4 juillet 1690, Angers -(AD49)

Le quatriesme juillet 1690 apres les fiances et publications cannoniques faitte tant en cette eglise qu’en celle de St Sylvain sans empeschement venu a nostre connoissance, comme il apert par le certificat du Sr curé en datte du deux du présent mois signé PIGEON, Pierre EON fils de deffuncts Pierre EON métayer et de Gabrielle DURAND paroisse de St Sylvin d’une part et Jeanne POULAIN fille de Pierre POULAIN présent vigneron et de Françoise OUDET de cette paroisse d’autre part ont receu la benediction nuptialle de nous vicaire soussigné, ledit EON aagé de 26 ans et ladite POULAIN de 23 ans, présents Michel EON maître cordonnier de la paroisse de La Trinitté de cette ville oncle dudit époux et Claude EON aussi maistre cordonnier de ladite paroisse de La Trinitté cousin germain dudit espoux et Jean POULAIN maistre serrurier de la paroisse St Aubin des Ponts de Cée, tous soussignés.

Pierre EON est dit demeuré paroisse de Saint-Sylvain. C’est en effet dans les registres de cette paroisse que je retrouve les décès de ses parents, morts à quelques semaines d’intervalle et très peu de temps avant ce mariage.

Gabrielle DURAND est morte en effet le 29 avril 1690. On y apprend que son mari était métayer de l’Abbaye du Perray. On notera au passage, l’orthographe AION au lieu de EON.

Sépulture de Gabrielle DURAND – (AD49)

Le vingt et neufiesme jour d’apvril mil six cent quatre vingt six fut par nous curé soussigné ensépulturé dans le cimetiere de St Sylvin Gabrielle DURAND vivante femme de Pierre AION mestaier de l’abbaye du Perray. Signé Pigeon. (Dans la marge « Perray »).

Pierre EON meurt à son tour, peu de temps après sa femme, le 12 juin de la même année et quelques semaines seulement avant le mariage de son fils.

Le douziesme jour de juin mil six cent quatre vingt dix fut par nous curé soubsigné ensépulturé dans le cimetiere de St Sylvin, Pierre AION aagé de cinquante et huict ans, vivant mestaier de l’abaie du Perray. Signé Pigeon. (Dans la marge « Perray »).

L’Abbaye du Perray

L’abbaye du Perray était sise  sur la paroisse d’Ecouflant, mais un grand nombre d’actes la concernant se trouvent dans les registres de Saint-Sylvain.

Voici ce qu’écrivait Célestin Port au sujet de cette abbaye :

Perray (le), maison b., commune d’Ecouflant. Abbacia de Petrosiis 1189 circa (Cartul. du Perray, f. 2). – Monachi de Petrosis 1193 circa (Ib. f. 1). – Ecclesia beate Marie de Petreio, de Rerreion 1200 (Ib., f. 7-8). – Abbas de Perre 1206 (Ib. f. 14). – Locus qui dicitur Perredium juxta Andegavum Perrodio 1264-1265 (H.-D. B 21, f. 29 et 49). – Conventus de Perreyo juxta Andegavum 1273 (Ib., B 82, f. 12)). – Le moustier Noustre Dame du Perray aux Nonnains lez Angiers 1685 (Pouillé Mss.). – Le Perray 1783 (Pouillé).

– Anciene abbaye sous le vocable de Notre-Dame, restée à peu près sans histoire. Robert de Sablé, seigneur de Briolay, s’attribue le titre de fondateur et de patron, en la gratifiant de domaines et de droits importants dans les paroisses d’Ecouflant, de Briolay et de St-Silvin, par une charte que le copiste date de 1120, mais que tous les synchronismes reportent aux années 1189 ou 1190. La fondation primitive était sans doute alors de date récente. Il est acquis par ailleurs qu’elle se trouvait soumise à la règle de St-Benoit, et une bulle de 1246 la déclare formellement dans la dépendance de l’abbaye de Bellefontaine en Mauges.  […]

Son domaine, en dehors « des cloîtres, hébergements, jardins, vergers, cours et circuit » comprenait un étang avec moulin sur la chaussée, des bois, des landes et 15 ou 16 closeries, un petit fiel en Vauchrétien, un autre en Corzé, en tout 4 à 5000 livres de revenu.

Le Perray sur la carte de Cassini – (Gallica BnF)

Les enfants de Pierre EON

Pierre EON et Jeanne POULAIN auront au moins onze enfants : Jeanne (1691), dont je descends, Perrine Claude (1693), Marie (1695), qui ne survivra que quelques jours, Pierre (1696), premier garçon, Gabrielle (1698), Marie (1700), seconde du nom, René (1701), Charles (1703), Toussaint (1705), François (1707) qui a pour parrain Pierre, son frère qui signe et qui a tout juste dix ans, et enfin Anne (1710).

Signature du petit Pierre EON, âgé de dix ans. (AD49, 1707)

Syndic de la paroisse

A sa mort, Pierre EON était syndic de la paroisse de Saint-Sylvain. Il l’était déjà en 1704 comme le stipule l’acte de baptême de Marie POULAIN, fille de Guillaume et de Claude EON, baptisée le 28 octobre de cette année-là.

Signature de Pierre EON au mariage de André POULAIN avec PORTIER Perrine, 12 juillet 1707, Angers Saint-Samson – (AD49)

Sous l’Ancien-Régime, dans une paroisse, un syndic était généralement un notable chargé de représenter et d’administrer les villageois tout en défendant leurs intérêts. Les termes syndic et procureur sont sans doute de sens très proche, voire identique. Tous les deux étaient élus, pour une période d’au moins cinq ans, et remplissaient des fonctions surtout de collecteurs et de trésoriers.

Une vie trop brève

Hélas ! Pierre et sa femme ne profiteront guère de leurs nombreux enfants. Lui décède quelques mois après la naissance de sa dernière fille, le 3 mai 1710.

Acte de sépulture de Pierre EON, 3 mai 1710, Saint-Sylvain-d’Anjou-(AD49)

Le troisieme jour de may 1710 a eté ensepulturé dans le cimetiere de ce lieu par nous curé soussigné le corps de Pierre EON décédé d’hyer, agé de quarante et six ans, sindic de cette paroisse, ont été présent Apotême EON frère dudit EON, Pierre POULAIN tissier, beau père, Julien POULAIN, René POULAIN et plusieurs autres personnes et amis qui ont dit ne savoir signer fors les soussignés.
P. Poullain – Julien Poulain – René Poulain – André Poulain. Pigeon curé.

Jeanne POULAIN, sa femme, meurt deux ans plus tard, le 16 décembre 1712. Pierre EON, son fils aîné devient à quinze ans, orphelin et chef de famille, il se mariera d’ailleurs très tôt, deux ans plus tard à l’âge de dix-sept ans.


  •  A faire :
    • Rechercher Michel EON et Claude EON, oncle et cousin de Pierre EON, afin de remonter éventuellement d’une génération.
    • Rechercher les baptêmes des enfants de Pierre EON et de Gabrielle DURAND. (Un seul baptême retrouvé, celui de Mathurine, baptisée à Tiercé en 1670…)
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