Un registre de sépultures très … vivant !

Une précision inespérée

Le plus ancien registre d’actes de sépultures de La Chapelle-du-Genêt est truffé de remarques toutes plus éloquentes les unes que les autres, toujours très intéressantes et parfois inespérées.

C’est ainsi, par exemple, que j’ai pu apprendre que l’un de mes ancêtres, Jacques PINEAU, dont l’acte de mariage avec Marguerite COLLONIER est introuvable, avait été fiancé avec celle-ci le jeudi 17 février 1628, le même jour que son frère, fiancé quant à lui avec une sœur de Marguerite. (Il s’agit de François PINEAU, époux de Guillemine COLLONIER).

Cette notation se trouve à la fin de l’acte de sépulture de Jacquette GOURDON, femme d’Etienne HYZ, qui se trouvait demeurer au même lieu que mes ancêtres, c’est-à-dire à la métairie de La Gaignerie de l’Epinay. Le prêtre, qui enterre cette pauvre femme, fait allusion à ces doubles fiançailles qui ont eu lieu quelques jours auparavant.

Voici cet acte suivi de sa transcription.

Acte de sépulture de Jacquette GOURDON, 20 février 1628, La Chapelle-du-Genêt. [AD49 – BMS – 1554-1680, vue 117/434]

Jacquette GOURDON femme en secondes nopces d’Estiene HYZ de La Gaignerie de L’Espinay, greffier, enterrée au petit cimetire le dimanche de La Septua, vingtiesme de febvrier 1628 decedda en la communion de l’Eglise. Quatre enfants dudit lieu Pineaux et Collonniers fiancez jeudy dernier.

Les fiançailles ont donc eu lieu le 17 février 1618 et le mariage a dû être célébré environ un mois plus tard. Le premier enfant de Jacques PINEAU naîtra en avril de l’année suivante.

Un registre fascinant

Ce registre, qui s’apparente presque à un journal, nous livre de précieuses informations, ainsi, par exemple, lorsque la mère de Jacques PINEAU, Sébastienne ALLARD est inhumée, le dimanche 12 juin 1616, le curé note que tous ceux de sa maison furent fors malades ; nous laissant ainsi supposer qu’une épidémie était en cours.

Un grand nombre de précisions ont trait à la vie des défunts. On apprend ainsi que Martine PION décédée le 29 octobre 1606 à l’âge de treize ans, était née impotente et percluse de ses membres ; ou que le prêtre Jean LEFEBVRE, enterré, fort âgé, le 12 novembre 1615, avait été marié en son jeune âge et était maréchal.

Les raisons du décès sont parfois expliquées ; Pierre MADEAU, inhumé le 17 juillet 1611, a subi une fracture ouverte de la jambe, à laquelle plaie se mit la gangrène ; René BARON, meunier, qui expire au matin du 5 juillet 1619 a été dix jours touché d’un mal de côté et d’une fièvre chaude. Ce même mal a eu raison d’Anselme MENARD, prêtre curé de la paroisse pendant deux ans et six mois et inhumé au matin du premier juillet 1619, pressé d’une fièvre chaude et d’un mal de côté.

Nous apprenons également, au détour des actes de sépulture, la présence de troupes de soldats logés dans le village. C’est le cas lorsque Jeanne COURTAYS est inhumée, le 26 février 1616 ; ou encore, le 14 mai 1616, où l’on enterre René PEILLA le Jeune, dit La Herse, réfugié à Beaupréau à cause des troupes, quoi que la paix fut faite dès le 3 mai et publiée. (Il s’agit de la Paix de Loudun, traité signé entre Marie de Médicis et Le Prince de Condé.)

D’autres indications concernent le cimetière lui-même ; ainsi le 27 juillet 1617, a lieu le premier enterrement fait après la fermeture  et clôture dudit cimetière, la muraille duquel fut commencée par Jean MORIN le 24 mai et parachevée le 16 juillet 1617. Cimetière dans lequel par ailleurs, il n’est pas facile si l’on est étranger de se faire enterrer, c’est ainsi que Pierre BABONNEAU, décédé le 28 février 1618, fut mit au coin du pignon, au bout de l’église comme n’ayant autre lieu de sépulture pour n’être de cette paroisse. L’année suivante, le 8 mars 1619, c’est au tour de Pierre MARCHAND, un mercier qui habitait pourtant dans la paroisse depuis une douzaine d’années, d’être inhumé lui aussi, près du pignon de la grande porte de l’église, proche la fosse de défunt Pierre BABONNEAU. Et le curé ajoute, comme si les deux choses étaient liées, qu’il fit ce jour-là fort grand froid.

J’arrête là pour l’instant… Ce registre est très riche. J’en ai commencé une transcription intégrale que peut-être je publierai ici un jour… En attendant, vous pouvez le retrouver dans son intégralité en cliquant sur le lien ci-dessous.

La Chapelle-du-Genêt – BMS 1554-1680 – AD49

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5 réflexions sur “Un registre de sépultures très … vivant !

  1. Bonjour,

    Si le curé dans le dernier acte mentionné dans l’article, parle de « fort grand froid » n’est ce pas pour laisser entendre qu’il était alors impossible de creuser la fosse si le sol était gelé ? Il arrivait, dans ce cas, qu’ensuite on déplace le défunt, du moins c’était le cas lorsqu’on était obligé de l’enterrer dans l’église, ce qui fut interdit par la suite, mais je ne me souviens plus à quelle époque exactement.

    Aimé par 1 personne

  2. Oui cela arrivait parfois et c’est possible.
    En tout cas on enterrait encore dans les églises au début du 17ème siècle, du moins les personnes importantes et aussi souvent les bébés (car ils ne prenaient pas trop de place…)

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