La mort de Renée ARONDEAU ou le prêtre et la Belle Angevine (Seiches, 1622)

Sépulture de Renée ARONDEAU

Le 31 mars 1622 était inhumée par Denis CORBEAU, curé de l’église de Seiches-sur-le-Loir, Renée ARONDEAU, femme de Jacques LE COMMANDEUX.

Acte de sépulture de Renée ARONDEAU, 31 mars 1622, Seiches-sur-le-Loir – (AD49- Seiches-sur-le-Loir – MS – 1604-1665, vue 21/329)

Renée ARONDEAU, femme de Jacques LE COMMENDEUX, aagée de 67 ans, ou environ fut enterrée le jeudy de la sepmaine de Pasques 31 jour de mars 1622 par moy curé soussigné Denys CORBEAU.

J’aime beaucoup le « ou environ » barré, comme s’il n’y avait aucune incertitude sur l’âge de la défunte ! Malheureusement, nous ne pourrons vérifier ce point, les registres de baptême de Seiches ne remontant pas aussi loin.

Je ne lui connais que deux enfants, Jacques, dont je descends, et Jacquine, baptisée en 1602, qui n’a sans doute pas survécu.

J’ai beaucoup étudié cette famille (Voir ci dessous, mes recherches sur la famille ARONDEAU), mais, en dépit de liens de parrainages assez nombreux, je n’ai pu réussir à relier les deux branches ARONDEAU que je possède, toutes les deux pourtant originaires de Seiches.

Sépulture de Denis CORBEAU

Au début de l’année 1637, Denis CORBEAU, curé de Seiches depuis environ trente cinq ans, âgé de 70 ans, est inhumé à son tour dans le chœur de l’église .

Sépulture de Denis CORBEAU, 28 janvier 1637, Seiches-sur-le-Loir – (AD49 – Seiches-sur-le-Loir – MS – 1604-1665, vue 93/329)

Maistre Denys Corbeau vivant prestre curé de cette paroisse de Seiches aagé de 70 ans ou environ fut enterré en l’Église dudit Seiches dans le Choeur au costé droict de l’Autel Saint Estienne, le mercredy vingt huictiesme jour de janvier 1637 par moy René GOURAND prestre vicaire dudit defunct.

La Belle Angevine

Selon Célestin Port, il n’est pas certain que Denis CORBEAU soit de la famille de Renée CORBEAU que l’on surnomma « La Belle Angevine ». Mais, si tout comme moi, vous êtes curieux de connaître l’histoire de cette belle héroïne, voici ce que Célestin Port écrit à son sujet :

L’aventure de « la Belle Angevine » […] a donné lieu à quantité de récits et d’ouvrages romanesques. Nous avons eu l’heureuse fortune de retrouver, à défaut du compte rendu du procès lui-même, qui se déroula à Tours devant le Parlement royaliste d’Henri IV, du moins quelques renseignements sur la famille même de l’héroïne : son père était marchand drapier de laine, […] et le logis qu’elle habitait, au coin de la rue des Poêliers et de la place du Pilori, existe toujours. […]

Il y avait alors, au coin de la place du Pilori, un riche marchand de draps qui s’appelait Corbeau. Il possédait trois filles, la plus jolie était la cadette, prénommée Renée.

Un étudiant originaire de Séez, en Normandie, eut l’occasion d’entrer en relations avec la belle enfant. Il lui conta fleurette. Il lui tint  bientôt des propos enflammés. Renée se laissa séduire, elle finit même, après une honorable résistance, par se laisser séduire un peu trop. Il arriva ce qui devait arriver et Renée alla se confier à sa mère : celle-ci était une femme au solide bon sens. Après morigéné comme il convient sa fille, elle mit le père au courant et organisa toute une mise en scène : les parents feignirent de s’en aller dans leur maison de campagne. Renée fait signe à son amant. Celui-ci accourt tout joyeux. Les amoureux se donnent du bon temps quand la porte s’ouvre, les parents apparaissent. Désarroi, consternation de l’étudiant. Mais c’était un gentilhomme. Il confessa sa faute. Il entend bien épouser Renée. « Fort bien Messire », s’écrie le marchand drapier. « Voici précisément le notaire qui va dresser le contrat de mariage. » Et il découvre un tabellion, qu’il avait masqué jusque-là. Incontinent l’homme de loi dresse l’acte. L’escholier, pris au piège, met sa signature au pied du contrat.

Maison de Maître CORBEAU, père de La Belle Angevine

 

Encore faut-il qu’il s’assure du consentement de ses propres parents, car il est mineur. Le jeune homme était de bonne noblesse et unique héritier. Ses parents entendaient lui faire contracter une belle union : la fureur du père fut si grande qu’il décida immédiatement de faire entrer son fils dans les Ordres, le fiancé de Renée Corbeau céda. Et comme les choses allaient vite en ce temps-là, il reçut les Ordres mineurs.

A Angers, Renée Corbeau se morfondait. Bientôt elle apprit la conduite de l’infidèle et son abandon. Elle pleura. Mais la promesse avait été signée. Sans hésiter, le marchand drapier déféra le clerc volage devant les tribunaux. Les magistrats furent rigoureux : ils condamnèrent à mort le jeune homme, en lui offrant l’alternative d’épouser sa belle. Épouser Renée Corbeau, le pauvre l’eût bien voulu maintenant. Et aussi ses parents qui voyaient avec terreur le sort réservé à leur fils. Mais il ne pouvait plus contracter mariage. Il était engagé dans les Ordres sacrés. Seul le pape aurait pu le délier de ses vœux. Et le pape était loin…

Ce fut Renée qui sauva la situation … et son fiancé. Elle n’hésita pas à aller trouver le nonce du pape. Celui-ci commença par refuser. Alors Renée courut se jeter aux pieds d’Henri IV. Le Vert-Galant ne fut jamais insensible aux pleurs des femmes. Il consentit à joindre ses prières à celles de Renée et fit une nouvelle démarche auprès du nonce. Celui-ci ne pouvait rien refuser au roi de France. Il se laissa toucher. L’étudiant fut rendu à la liberté. Il épousa Renée Corbeau et comme dans les vieux contes, ils eurent beaucoup d’enfants… d’autres enfants ! …

En effet, d’innombrables versions de « La Belle Angevine » ont fleuri depuis 1594, date à laquelle on situe généralement l’histoire de Renée CORBEAU. Pour en lire d’autres versions plus romancée, cliquez ici.


Famille ARONDEAU à Seiches

 

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7 réflexions sur “La mort de Renée ARONDEAU ou le prêtre et la Belle Angevine (Seiches, 1622)

  1. -Au rez de chaussé de cette vieille maison à colombages,place du Pilori,existait ? un restaurant,il m’est arrivé de m’y arrêter,en évoquant Renée Corbeau » La Belle Angevine » et son histoire…

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  2. C’est toujours un plaisir de vous lire. Vous rendez la généalogie si passionnante et si vivante. J’ai hâte de lire votre prochain article. Merci d’avance.

    Aimé par 1 personne

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