Un orphelin et un soldat

Du décès d’un petit FELON orphelin jusqu’à la découverte d’un FELON soldat, voici une nouvelle preuve de l’ascendance de Marc FELON qui corrobore la dispense de mariage dont j’ai parlé précédemment ici.

Décès d’un petit FELON

Le 6 novembre 1719 décéda à Andard, chez son oncle Jean FELON, un petit orphelin de sept ans, natif de la paroisse de Trémont. Il n’en fallait guère plus pour aiguillonner ma curiosité… Le garçon se nommait François et était le fils d’un certain Nicolas FELON. Que faisait donc ce dernier dans cette paroisse située à plus d’une journée de marche d’Andard (environ 50 kilomètres) ?

Acte de décès de François FLON, 6 novembre 1619, Andard – (AD49 – BMS – 1716-1736, vue 188/223)

Un surnom mystérieux

Sur les registres de Trémont, où je m’empresse de me rendre, virtuellement bien-sûr, je découvre assez rapidement l’acte de décès de Nicolas FLON. Il est mort trois ans avant son fils, le 27 juin 1716. J’apprends alors qu’il était Garde des bois, curieuse expression, que je n’avais encore jamais rencontrée, et qu’on le surnommait L’Angevin, ce qui, soit dit en passant,  n’est guère original en Anjou !

Acte de décès de Nicolas FLON, Trémont – (AD49 – Trémont – BMS – 17161724, vue 265/317)

Trois mariages et beaucoup d’enterrements

Je remonte alors le temps, parcourant à reculons les registres de Trémont, jusqu’au premier mariage de Nicolas, qui a eu lieu en 1696. Il s’est en effet marié trois fois et a eu environ une douzaine d’enfants. Malheureusement les décès jalonnent sa vie ; en vingt ans,  il a enterré ses trois femmes ainsi qu’un grand nombre de ses enfants. En 1709, par exemple, année particulièrement funeste, il a vu disparaître en quelques mois sa seconde femme et deux de ses enfants.

Tout au long de ces vingt années, Nicolas FLON est plusieurs fois surnommé L‘Angevin. Il est même appelé une fois, très curieusement, « Sieur de L’Angevin« . Quant au terme Garde des bois, il ne lui est plus jamais appliqué, en revanche il est tour à tour qualifié, à peu près dans cet ordre,  de marchand, de cabaretier, de journalier et enfin de vigneron.

Le mariage d’un soldat

Mais le plus étonnant est la qualification qui lui est donnée lors de son premier mariage, le 7 février 1696 avec Michelle LE BOYER, la fille d’un hôte vendant du vin ; à ce mariage, en effet, Nicolas FELON est soldat. Voilà – peut-être – ce qui explique son surnom d’Angevin… Quant à Michelle LE BOYER, elle a un frère, Charles LE BOYER, qui est sergent. Voilà -peut-être – ce qui explique la rencontre de Nicolas avec sa soeur…

Et je découvre également la présence à ce mariage d’un FELON que je connais bien ! Il s’agit de Pierre FELON, dont j’ai parlé précédemment, qui est tout à la fois le parrain de Nicolas et aussi son cousin et dont voici la signature :

Signature de Pierre FELON, 7 février 1696, Trémont.

Car, bien évidemment, Nicolas FLON, fils de Laurent FLON et de Madelaine BAUDET, a été baptisé à Andard et Pierre FELON était son parrain. Voici sa signature, le 10 septembre 1673, sur l’acte de baptême de Nicolas :

Signature de Pierre FELON, 10 septembre 1673, Andard.

Ce Pierre FELON, fils de Guillaume et de Michelle NAU et petit-fils de Marc FELON, est celui-là même qui mourut tragiquement dans la forêt de Longchamp. (Voir ici) Pour preuve, voici sa signature en 1675 qui est bien identique aux deux précédentes.

Signature de Pierre FELON, 9 mars 1675, Andard.

Une petite preuve de plus

Et voici donc une petite preuve de plus de l’ascendance de Marc FELON. Nicolas et Pierre étaient en réalité cousins issus de germains, leurs pères étaient cousins et leurs grands-pères, Laurent et Marc, étaient frères.

Arbre de parenté de Nicolas FLON, fils de Laurent et Madelaine BAUDET, avec Pierre FLON, fils de Guillaume et de Michelle NAU.

 

 

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5 réflexions sur “Un orphelin et un soldat

  1. Au sujet du surnom « l’Angevin »…
    Figure-toi, chère cousine, que, ces dernières années (cela remonte à moins de 20 ans), nos tantes m’ont plusieurs fois surnommée également « l’Angevine » (vrai de vrai) !!! car habitant près d’Angers et non pas dans les Mauges. Ce surnom existe donc encore …
    Il en va d’une « curiosité » locale (c’est plus qu’une curiosité, je ne sais pas bien le définir) : en effet, les gens des Mauges ne se considèrent pas « angevins », même encore aujourd’hui !!! Comment expliquer cela ?
    L’histoire des Mauges est plus proche de celle de la Vendée, de même que la sociologie et la géographie (aujourd’hui on dirait « géopolitique »). Tu remarqueras que l’on ne trouve pas d’ardoises sur les toits des Mauges, mais des tuiles…
    Et si les Mauges ont été rattachées administrativement au Comté d’Anjou autour de l’an 1000 par Foulque Nerra ; le diocèse des paroisses sud des Mauges est resté celui de La Rochelle jusqu’à la Révolution.
    extrait de Wikipedia : « Le diocèse de La Rochelle est érigé le 4 mai 1648 par le pape Innocent X, qui y a transféré le siège épiscopal de Maillezais qui comprenait l’archiprêtré d’Ardin, les doyennés de Bressuire, Fontenay-le-Comte, Saint-Laurent-sur-Sèvre et Vihiers, soit 284 paroisses et 147 prieurés… »
    Donc, Nicolas FLON, né à Andard, et vivant à Trémont (près de Vihiers) était bien « angevin », distingué des « gars des Mauges »…

    Aimé par 1 personne

    1. Waouh ! Merci Rose. En effet je n’y avais pas pensé et pourtant quand on y songe, il est vrai que ce sont des mondes bien différents. J’aurai dû y penser, car ayant une grand- mère dans les Mauges – la nôtre – et une autre de l’autre côté de la Loire, je changeais effectivement de paysage quand, petite, nous allions les voir.

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  2. -La très belle cascade » Langevin » à La Réunion.
    « L’Angevin »,surnom donné à Etienne Baillif ou Le Baillif,né vers 1667,arrivé à Bourbon sur un navire flibustier en 1689,la même année que notre Jacques Aubert,dit » l’Almanach »,originaire de Corzé.
    Se connaissaient ils ?
    En tout cas ,sûrement à La Réunion,puisque du même quartier St Paul !
    On le dit ,tailleur d’habitz,il serait né à Angers St Pierre,du couple René Le Baillif X Louise Chopin(patronymes qui me parlent…,actes non trouvés.)et serait décédé le 12 8 1731 à St Paul de la Réunion.
    ( Google).
    On aimerait en savoir plus…

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  3. -Jacques Aubert dit « L’almanach »,menuisier, était employé de la Compagnie des Indes,jusqu’à l’arrestation de Vauboulon,et capitaine du quartier de St Paul,conseiller honoraire.
    (Voir » Histoire de La Réunion ».)

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