René FEVRIER (1774-1795), Soldat de la Révolution

Si nombre de mes ancêtres furent victimes de la Révolution du côté « blanc », je rencontre aussi beaucoup de « bleus » morts très jeunes, loin de chez eux. En voici quelques exemples.


Le 24 floreal an IV, c’est-à-dire le 13 mai 1796, l’officier de l’état civil de Briollay transcrit le décès de René FEVRIER – un de mes lointains cousins, descendant de Gilles FEVRIER – qui est mort l’année précédente, le neuf messsidor de l’an III à l’hôpital militaire de Strasbourg. Fils aîné de René FEVRIER, cultivateur à Noirieux, il avait été baptisé le 10 juin 1774 à Briollay.  Sans doute enrôlé (de force ? ou bien volontaire ?) lors de la levée en masse de 1793, il était devenu caporal de l’armée – qui n’a plus le titre de « armée royale » et qui n’a pas encore celui de la République – dans la compagnie 17ème de la 42ème demi-brigade.

Extrait de l’acte de transcription du décès de René FEVRIER – ( AD49 – Briollay – NMD-1793-an VIII, vue 122/225)

…reçu l’extrait de décès de René FEVRIER natif en cette commune, au service de la République, fils de René FEVRIER, cultivateur à Noirieux en cette commune et de Marie CHOPIN, qui est mort fiévreux, âgé de vingt un an, caporal au deuxième bataillon de la quarante deuxième demi brigade, compagnie dix septième, à l’hôpital militaire sédantaire de la commune de Strasbourg, département du Bas Rhin, le neuf de messidor an troisième de la République…

L’acte de décès original se trouve également dans les registres de Strasbourg. Le voici, daté du neuf messidor an III, conformément à la date donnée dans la transcription de son décès. Il ne fournit guère d’informations supplémentaires, si ce n’est que René FEVRIER était entré à l’hôpital quatre jours avant d’y mourir.

 

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Acte de sépulture de René FEVRIER, 9 messidor an III, Strasbourg, Hôpital

Ce jour d’hui neuf messidor, l’an trois de la République française et indivisible […] sont comparus en la maison commune François STEINMETZ et Georges MEYER, tous deux majeurs d’ans et employés à l’hopital militaire sedentaire de cette commune, lesquels m’ont déclaré que René FEVRIER, Caporal au deuxième Bataillon de la quarante deuxième demi Brigade, dix-septième Compagnie, natif de Briollés, District de Chateau-neuf, département de la Mayenne et Loire, entré au dit hopital le cinq du courant, y est mort ce jour d’hui fiévreux […]

Le jour où le décès de René FEVRIER est transcrit, l’officier municipal de Briollay transcrit également trois autres décès, trois enfants du pays, dont deux frères, décédés au nom de la toute nouvelle et toute jeune République, les voici :

  • Le premier, Michel HUBERT, fils de Jean HUBERT, cultivateur à Verrigné et de Marie SOREAU, est mort, également de fièvre, à l’âge de vingt trois ans et six mois. Il était fusilier au deuxième bataillon de la quarante deuxième demi brigade, compagnie dix-septième – dans la même unité donc que René FEVRIER. Il est décédé à l’Hôpital des Sans Culottes de la commune de Strasbourg, le vingt quatre de germinal de l’an trois de la République (13 avril 1795).
  • Le second, Jacques HUBERT, frère du précédent, est mort âgé de vingt deux ans et cinq mois. Il était volontaire et appartenait, tout comme son frère et René FEVRIER, au deuxième bataillon de la quarante deuxième demi brigade compagnie dix-septième. Il est mort à l’hôpital ambulant de la commune de Senones, dans le département des Vosges, le dix neuf vendémiaire de l’an quatre de la République française (11 octobre 1795).
  • Le troisième, Jean CHOPIN, fils de Jean CHOPIN et d’Anne REPUSSARD, est mort, âgé de vingt et un an et sept mois, à l’hôpital ambulant de la commune de Colmar, département du Haut Rhin, le treize messidor an second (1er juillet 1794). Il était issu de la première réquisition et appartenait, en tant que volontaire, au troisième bataillon de la Corrèze, cinquième compagnie. (S’il est vrai qu’il s’enrôla lors de la première levée, qui eut lieu en 1791, il n’avait guère plus de 18 ans…)

Pour en savoir plus …

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