Gilles FEVRIER, pontonnier à Briollay (1692-1754)

Dans la famille FEVRIER aux ramifications nombreuses, je choisis de vous présenter Gilles, celui qui fut pontonnier à Briollay dans la première moitié du 18ème siècle.

Fils de Gilles FEVRIER et de Perrine PION… j’ai longtemps cru qu’il était né en 1689 jusqu’à ce que je découvre que le Gilles FEVRIER né le 12 avril de cette année-là était décédé un mois plus tard … (Cette erreur s’est hélas propagée sur Geneanet…) Je n’ai toujours pas retrouvé son acte de baptême qui a dû avoir lieu aux alentours de 1692. (Un oubli ? Une naissance dans une paroisse voisine ou même dans une chapelle… Dans son livre Notes Historiques sur Briollay, G. Hébert note qu’à Péchevêque « dont le nom rappelle une vieille légende », on trouvait « la pittoresque maison du Pigeon de Plomb avec les restes de sa vieille chapelle »…).

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Signature de maître Gilles FEVRIER (1663-1713), père de Gilles.

Le père de Gilles, nommé plusieurs fois Maître Gilles FEVRIER, savait signer et jouissait d’un certain statut social. Je n’ai cependant trouvé aucune mention de sa profession mais sans doute était-il déjà lui aussi pontonnier comme le sera son fils après lui. Lorsqu’il mourut, en 1713, seuls trois de ses enfants étaient en vie : Gilles, son fils aîné, qui avait alors 21 ans et deux garçons plus jeunes, Jacques et Mathurin.

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Enfants de Gilles FEVRIER et Perrine PION, fratrie de Gilles Fevrier, pontonnier à Briollay.

Gilles FEVRIER se maria en 1717 avec Marie CHALUMEAU. Perrine PION, sa mère, était encore en vie et elle eut le bonheur d’assister à la naissance de ses deux premiers petits-enfants avant de rendre l’âme, en 1722. Ces enfants et les suivants sont nés, comme il est précisé sur les actes de baptême de certains d’entre eux, au village de Pêchevêque. Ce lieu, comme on peut le voir sur le plan Napoléonien ci-dessous, est situé non loin du bourg de Briollay, au bord de la rivière du Loir qui forme la frontière avec la paroisse de Villevêque.

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Situation de Pêchevêque à Briollay- (AD49 – Briollay – C3 du Bourg – Plan napoléonien)

Gilles FEVRIER était pontonnier à Pêchevêque. Le pontonnier était celui qui recevait les droits de pontonnage. Il était en quelque sorte l’homme de péage de la rivière –  sur laquelle circulait autrefois beaucoup plus de marchandises que par voie de terre. Les droits récoltés étaient ensuite reversés au seigneur à qui les droits appartenaient – du moins c’est ce que je présume.

Voici, trouvé dans Gallica, un acte du roi qui permet au Sieur Prince de Guéméné de tenir des bacs dans la seigneurie de Briollay, au port de la Corde, au port de Pont et au port de la Pinterie…  en date du 13 août 1743 ( en prolongation de celui du 29 août 1724, si j’ai bien compris…).

Cliquez pour accéder au document sur Gallica.

Voici les tarifs pratiqués pour le Port de la Corde (au sud de Pêchevêque, voir le plan ci-dessus) :

I. Par personne à pied, trois deniers.

II. Par personne à cheval, six deniers.

III. Par cheval, mulet et autre bête de somme, chargé ou non chargé, y compris le conducteur, six deniers.

IV. Par chaise ou autre voiture à un cheval, un sol.

V. Par chariot, charrette, carrosse, coche et chaise, attelés de deux chevaux, bœufs ou mulets, deux sols six deniers.

VI. Par cheval, bœuf ou mulet d’augmentation auxdites voitures, six deniers. Les personnes qui seront dans lesdites voitures, les domestiques, conducteurs et marchandises, seront exempts en payant pour la voiture les droits ci-dessus.

VII. Par bœuf ou vache, trois deniers.

VIII. Par porc ou chèvre, deux deniers.

IX. Par mouton ou brebis, un denier.

Gilles, vraisemblablement aidé de son frère Jacques, dit pontonnier lui-aussi, récoltait donc l’argent du péage et, peut-être, l’argent du bac, comme décrit dans l’acte ci-dessus. Sans doute avait-il un bail, semblable à celui que Guillaume PERRAULT, pontonnier à Châteauneuf-sur-Sarthe, renouvelle en 1608. ( Voir cet acte sur Modes de vie aux 16e, 17e siècles à travers les actes notariés, les archives d’Anjou et Normandie, par Odile HALBERT).

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Signature de Gilles FEVRIER, pontonnier à Briollay, 1732.

Les enfants de Gilles FEVRIER, ainsi que ceux de son frère Jacques, ne sont plus jamais mentionnés comme pontonniers, mais fermiers, laboureurs ou encore bateliers. L’un d’entre eux, Pierre FEVRIER, dont je descends,  meurt « propriétaire » et fut même un temps « officier municipal ». Certains de ses descendants seront soldats de la Révolution, d’autres, de Napoléon, mais je cherche pour l’instant quel est celui qui fut le second maire de Briollay, qui s’appelait Mathurin FEVRIER, et qui officia du 1er messidor an VIII au 7 nivôse an XIII…

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