Inhumé grâce à son jubilé, Trémentines, 1690

Un petit acte rencontré au cours de ma préparation du ChallengeAZ…


Trémentines, 6 décembre 1690

Ce pauvre mendiant l’a échappé belle ! Mort loin de chez lui, inconnu de tous, étranger à la paroisse, il aurait fort bien pu se retrouver exclu de la Terre Consacrée et être inhumé en dehors du cimetière ! Heureusement, des témoins l’ont entendu dire, avant qu’il ne trépasse, qu’il avait fait son jubilé cette année même…

A l’origine, dans l’antiquité, un jubilé était une solennité publique, célébrée tous les cinquante ans et à l’occasion de laquelle dettes et peines étaient remises. Par la suite, l’Église catholique, organisa, tout d’abord tous les 50 ans, puis tous les 25 ans, des jubilés, périodes spéciales à l’occasion desquelles elle octroyait des indulgences en échange de pratiques variées, telles que la  visite de lieux saints,  la pratique du jeûne, de l’aumône ou de la prière.

Par extension, l’expression faire son jubilé signifie accomplir toutes les pratiques imposées par l’Église pour obtenir une indulgence.

Inconnu-1690-Trémentines
Acte de sépulture d’un inconnu, 6 décembre 1690, Trémentines – (AD49-Trémentines, BMS-1685-1694, vue 39/107)

Le sixiesme jour de decembre 1690 par moy prestre vicaire a été inhumé à notre cimetiere le corps d’un pauvre mendiant dont on ne scait le nom ny le surnom, lequel s’est trouvé au village du Puisoger en cette paroisse ou il a decedé, auquel nous n’avons fait difficulté d’accorder la sepulture ecclesiastique, attendu que Jean MAILLET laboureur et Louise RETORÉ, femme dudit Jean MAILLET ,demeurant audit lieu du Puisoger, nous ont asseuré avant la sepulture, en presence de Mre Simon PASQUIER marchand et de René CHAILLOU un de nos secretains tous de ce bourg, nous asseuré luy  avoir entendu faire ses prieres pendant sa malladie et mesme nous ont affirmé lesdits MAILLET et RETORÉ luy avoir entendu dire qu’il avoit fait son jubilé l’année presente en l’église de Nuaillé, les quels ont tous esté present à la sepulture, tous de cette paroisse, lesdits Jean MAILLET et RETORÉ ont declaré ne scavoir signer de ce enquis et sont signer lesdits PAQUIER et CHAILLOU. Rayé deux mots nuls.

Village du Puis Auger à Trémentines – (BnF Gallica – Carte de Cassini).
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3 réflexions sur “Inhumé grâce à son jubilé, Trémentines, 1690

  1. Alors que dans d’autres régions (Creuse, Cher, Seine-et-Marne, Nord, Pas-de-Calais, Vienne), j’ai observé que l’on inhumait, sans problème, dans le cimetière, en présence de témoins – presque toujours le carillonneur -, les inconnus et les mendiants, dans les seuls registres de Toulouse, au XVII ème et au XVIII ème siècle, on précise que l’on a trouvé un chapelet sur le corps du défunt ou que des témoins ont entendu le malheureux dire à plusieurs reprises « Jésus, Marie, Joseph « ; si bien qu’à force de lire ces formule,s je soupçonne des âmes charitables d’avoir déposé elles-mêmes l’objet sur le cadavre ou d’avoir rapporté des termes « interprétés ».

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