Une paire de ciseaux, un peigne, un couteau et une écuelle de bois pour tout bagage…

Faveraye-Mâchelles, lundi 3 février 1710

Même si l’hiver 1710 fut moins glacial que celui de l’année précédente, celui de 1709 qui est resté dans toutes les mémoires comme « Le Grand Hyver », il n’en fut pas moins fatal à un pauvre individu qui tomba malencontreusement dans l’eau !

Ainsi, un jour de février 1710, mes ancêtres Mathieu et Claude TESSIER, assistèrent-ils à l’inhumation d’un « pauvre noyé inconnu », qui avait été sorti de l’eau par le curé de l’église Saint-Pierre-ès-liens de Faveraye-Mâchelles.

Faveraye-Mâchelles
Les anciennes paroisses de Faveraye et de Machelle traversées par le Layon, dans lequel se noya peut-être notre inconnu… (Source Gallica)

On laissa le pauvre bougre toute une journée devant la porte de la Chapelle de Machelles, au cas où, mais personne ne vint le réclamer.

Heureusement pour lui,  il portait un chapelet, signe patent de sa chrétienté, ce qui lui permit d’être enterré en terre consacrée, mais il n’avait pour tout bagage que bien peu de choses : on trouva sur lui une paire de ciseaux (qui se servait de ciseaux ? était-il tissier ? menuisier ?…) et un peigne. Sans doute ce peigne était-il un outil de travail et non un peigne de corne, objet incongru pour un vagabond et au demeurant fort cher …  Notre inconnu était donc très certainement un tissier, transportant ses ciseaux et son peigne et travaillant de-ci de-là, au gré du hasard.

On découvrit sur lui également un couteau, utile comme chacun sait en toutes occasions, une écuelle de bois, servant probablement à récolter l’aumône. Sans doute avait-il été victime, comme tant d’autres, de la grande famine qui succéda au « Grand Hiver », ainsi était-il condamné « à chercher sa vie ». Enfin, signe manifeste mais aussi cruel de sa pauvreté, il transportait un morceau de pain  – qu’il n’aura pas, hélas, eu le temps de manger…

Faveraye-Mâchelles-Pauvre noyé inconnu
Sépulture d’un pauvre noyé inconnu, 3 février 1710, Faveraye-Mâchelles – (AD49)

Le trois feuvrier audit an j’ay tiré de l’eau un homme qui nous a paru être un pauvre passant dont on ne sait point le nom que nous avons laissé exposé pendant un jour à la porte de la chapelle de Machelles, et luy ayant trouvé un chapelet et rien autre chose qu’une paire de cyseaux, un peigne, un cousteau, une ecuelle de bois et du pain, nous l’avons enterré en présence de Mathieu TESSIER, Claude TESSIER, Estienne MAILLET et de Louis GENDREAU qui ne signent. [Signé Mesnard Curé. M. Tessier.]


 

Notes, sources et liens

 

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