Charles NICOLAS, métayer des Mauges (1733-1809)

Charles NICOLAS (1733-1809)

de la Royauté au Premier Empire

 

Dans ma lignée agnatique, Charles NICOLAS est mon ancêtre à la septième génération.

Au cours de sa longue vie, il fut le témoin de changements historiques considérables. Né en 1733, au cœur du bocage vendéen, sous la Royauté, il mourut en 1809, sous le Premier Empire. S’il fut de ceux qui rédigèrent les cahiers de doléances, il ne prit pas part, du moins activement, aux soulèvements vendéens, trop âgé pour cela.

Sans enfant, bien que marié trois fois, et alors que sa cinquantaine approchait, il engendra cependant, dans la dernière partie de sa vie, à l’âge où d’autres eussent déjà été grand-père, quatorze enfants qui lui assureront sur le tard une descendance nombreuse.

Baptême et enfance à Chemillé, La Chaperonnière

(1733-1755)

NICOLAS Charles-B-18-04-1733-Chemillé-Notre-Dame
Acte de baptême de Charles NICOLAS, le 18 avril 1733, à Chemillé, paroisse Notre-Dame – (AD49)

Charles vit le jour au printemps 1733. Ses parents étaient métayers à Chemillé, au lieu-dit de La Chaperonnière. C’était leur premier enfant. Son grand-père, dont il porte le prénom, fut son parrain.

Les parents de Charles, Jean NICOLAS et Françoise GRENOUILLEAU, eurent huit enfants, mais quatre seulement – des filles – survécurent. Charles fut donc élevé, entouré de ses trois sœurs, seul héritier mâle de sa famille.

Chemillé-Chapronnière(la)
Chemillé, La Chaperonnière – (Source, Gallica)

Métayer à La Proutière, Chemillé

(1755-1778)

A l’âge de 22 ans, en 1755, Charles, encore tout jeune, épousa la veuve d’un métayer de Chemillé, Marie-françoise CHAUVIGNÉ. Elle avait quasiment le double de son âge et aurait pu être sa mère. Cette union, restée stérile et qui dura 23 ans, fut vraisemblablement motivée par des intérêts financiers. Elle permit à mon ancêtre d’accéder à une position sociale relativement plus élevée que la sienne. Qui plus est, peu après son mariage, sans doute initié par les filles de sa femme, qui étaient beaucoup plus proches de lui que leur mère de par leur âge (l’ainée avait une quinzaine d’années), et qui possédaient un certain degré d’instruction puisqu’elles signaient , Charles apprit à écrire.

C’est ainsi que, pendant toute la durée de cette union et alors que les archives auraient pu rester muettes à son sujet – Il est difficile en effet de suivre le parcours d’un ancêtre sans enfant puisqu’il ne laisse pas de traces au travers des actes de baptême de sa progéniture –  j’ai pu découvrir la signature de Charles NICOLAS et observer celle-ci évoluer au cours du temps.

Deux ans après son mariage, voici sa première signature, qui semble encore hésitante et peu assurée.

NICOLAS Charles - Signature-15-04-1757-Chemillé Notre-Dame
Signature de Charles NICOLAS, 15 avril 1757, Chemillé Notre-Dame – (AD49)

La voici, quelques années plus tard, le 2 juin 1760.

NICOLAS Charles - Signature-02-06-1760-Chemillé Notre-Dame
Signature de Charles NICOLAS, 2 juin 1760, Chemillé Notre-Dame – (AD49)

La voici encore, l’année suivante, le 27 janvier 1761, à l’occasion du mariage de Marie CLEMOT, sa belle-fille, dont il est le curateur et qui lui a appris à écrire.

NICOLAS Charles -Signature-27-01-1761-Chemillé Notre-Dame
Signature de Charles NICOLAS, 27 janvier 1761, Chemillé Notre-Dame – (AD49)

Il signe encore, le 16 septembre 1665, lors du mariage de sa soeur Perrine, à Saint-georges-du-Puy-de-la-Garde.

NICOLAS Charles - Signature-16-09-1665-Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde
Signature de Charles NICOLAS, 16 septembre 1665, Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde – (AD49)

En voici encore une autre, plus aboutie, le 16 janvier 1770, au mariage de Jeanne CLEMOT, son autre belle-fille dont il est également le curateur.

NICOLAS Charles - Signature-16-01-1770-Chemillé Notre-Dame
Signature de Charles NICOLAS, 16 janvier 1770, Chemillé Notre-Dame – (AD49)

Devenu métayer, comme son père, Charles s’était établi à La Proutière, à quelques lieues de sa maison natale. En 1677, Marie CHAUVIGNÉ s’y éteignit à l’âge de 66 ans, Charles en avait déjà 44.

Chemillé-Chaperonnière-Proutière

 

Une seconde vie bien remplie

(1778-1809)

Que Charles ait acquis, de par son alliance avec Marie CHAUVIGNÉ, une certaine aissance financière, se trouve confirmer par le fait qu’il convola en secondes noces avec une jeune femme issue d’une honorable famille de marchands originaire de Melay, Jeanne DENECHEAU. Hélas, ce second mariage fut de courte durée ! Après avoir eu le bonheur de voir naître son premier enfant, Marie-jeanne, Charles eut la tristesse de perdre très vite sa nouvelle épouse qui mourut en couches lors de la naissance de leur deuxième fille en 1782.

Il se consola cependant très vite dans les bras d’une jeunette qu’il épousa rapidement pour éviter le scandale. Sa troisième épouse, Françoise THOMAS, avait en effet à peine vingt ans et était enceinte de six mois le jour de son mariage, le 3 mai 1784. Elle avait alors trente ans de moins que son mari, âgé d’une cinquantaine d’années.

Après la mort de sa première femme, Charles, pour des raisons que j’ignore, était venu s’installer à La Brosse Goubault, sur la paroisse de Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde. C’est à la Brosse Goubault, métairie qui existe encore, que naquirent ses nombreux enfants. Parmi eux, certains furent baptisés clandestinement par l’Abbé Barbotin, vicaire de la paroisse aux alentours des années 1793-94.

En tout, Françoise lui donna, presque jusqu’à la veille de sa mort, au moins une douzaine d’enfants. Un grand nombre de ces derniers étant nés pendant les Guerres de Vendée, il est parfois difficile de les compter avec certitude.

Brosse Goubault(la)

Le nom de Charles NICOLAS est inscrit sur les cahiers de doléances de Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde, sur une page qui répertorie tous les habitants taillables de la paroisse (Procès verbal de députation, 4 mars 1789). Page sur laquelle, dailleurs, figure un certain nombre de mes ancêtres !

NICOLAS Charles-Metayer-1789
Cahier de doléances, Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde, vue 5/7 – (AD49)

Avant de mourir, il eut enfin la joie de marier sa propre fille et de voir naître sa première petite fille, Marie, en 1806.

Voici, sans doute, sa dernière signature lors du mariage de son fils, Jean, mon ancêtre, avec Perrine ONILLON, le 13 octobre 1808, à Melay.

NICOLAS Charles - 1808- Melay
Signature de Charles NICOLAS, 13 octobre 1808, Melay – (AD49)

Quelques mois plus tard, le 20 mai 1809, il mourait à Melay, paroisse voisine de Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde, dans sa maison des Moulins où il s’était alors retiré, à l’âge de 76 ans.

C’est ainsi qu’il fut le premier d’une longue lignée à être inhumé dans le cimetière de cette paroisse, ses descendants s’y étant installés définitivement ; et c’est ainsi également que  je me suis retrouvée, petite,  sillonnant quelques chemins de ce village, comme, longtemps avant moi, tant d’autres de mes ancêtres…


Mon ascendance à Charles NICOLAS

11- NICOLAS Arthus x ca 1635 Jallais NAU Renée

10- NICOLAS René x 1666 Saint-George-du-Puy-de-la-Garde METAIER Perrine

9- NICOLAS Charles x  1700 Chemillé Saint-Pierre BOUTIN Michelle

8- NICOLAS Jean x 1732 Chemillé Notre Dame GRENOUILLEAU Françoise

7- NICOLAS Charles x 1784 Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde  THOMAS Françoise

6- NICOLAS Jean x  1808 Melay ONILLON Perrine

5- NICOLAS Pierre x  16 juin 1844 Melay PINEAU Jeanne

4- NICOLAS Mathurin Jean x 13 mai 1899 Melay PINEAU Eugénie Louise

3- NICOLAS Jean x 1927 Melay MARTINEAU Rose

2- Mon père x Villevêque Ma mère

1- Moi


Notes sources et liens

1- A ne pas confondre avec le Manoir de La Chaperonnière, à Jallais, où fut assassiné, en 1832, Jacques-Joseph de Cathelineau, fils du général vendéen Jacques Cathelineau, lors du soulèvement royaliste en faveur de la duchesse de Berry.

2- Abbé Louis Barbotin, aumônier des Insurgés Vendéens (Wikipedia)

3-Archives départementales du Maine-et-Loire, Cahiers de Doléances (En ligne)

3- Tous les détails, dates précises, transcription des actes… sont accessibles ici. (Voir aussi la Page des NICOLAS)

Advertisements

6 réflexions sur “Charles NICOLAS, métayer des Mauges (1733-1809)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s