Des dames du temps jadis à Marguerite HEURTEBISE

Dans un article paru récemment sur L’arbre de nos ancêtres, Raymond nous parle très joliment, avec beaucoup d’humour mais aussi de tendresse, d’une aïeule qui porte le nom improblable de Modeste BROUILLARD. Voici ce que cet article m’a inspiré…

J’aurais pu parler de mes aïeules dont les noms évoquent pour moi, à chaque fois que je viens à les entendre, des dames oubliées vivant au temps jadis, comme Anne AIGREMONT ou Anne BELLEMOTTE, Françoise De BELLEFONTAINE ou Guillemine BOYSGELIN, ou bien encore, pêle-mêle, Angélique CHASTELAIN, qui n’était pas du tout châtelaine…, Jeanne DANJOU et Jeanne DAUBIGEON, mes Jeanne préférées, Péronnelle DE LA LANDE ou Louise DE LA TOUCHE, tout comme Emerence De La NOUË,  ou bien encore Catherine MONTAIGU… Toutes figures énigmatiques qui m’ensorcellent un peu…

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Caspar David Friedrich, Femme à la fenêtre, 1822 (Wikipedia)

Je les imagine alors, penchées à leurs hautes fenêtres, attendant patiemment la venue de leurs hommes « honnestes et honorables seigneurs », dont les noms pourraient être tels que Jacques BOISDAUFRAY ou Paul De La ROCHE, à moins que ce ne soit Jehan HEURTELOU ou  Gilles de MONGODIN, ou bien encore  Jehan Des COSSES ou même Jacques De L’AULNAY

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Caspar, David Friedrich, Voyageur contemplant une mer de nuages,  vers 1817 ( Wikipedia)

 

J’aurais pu aussi  évoquer mes aïeules bienveillantes  dont les noms s’apparentent à des talismans telles Madelaine BIENVENU ou Marie BONAMY, Perrine BONTEMPS ou Marie COQUET, Antoinette FLEURY ou bien encore Madelaine PAPILLON.

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Thomas Gainsborough, Les filles du peintre chassant le papillon, 1756.

 

Mais j’ai choisi aujourd’hui de vous parler de la mystérieuse Marguerite HEURTEBISE. Lorsqu’elle apparaît dans ma généalogie, son nom m’évoque aussitôt des landes désertes battues par le vent… Effectivement, ce nom, parfois écrit Hurtebise ou encore Hurdebise, provient sans doute d’un nom de lieu ayant la particularité d’être très venteux.

Selon Célestin Port, il existait dans les faubourgs d’Angers une closerie du nom d’Heurtebise, qui appartenait à la cure de Saint-Samson et une ferme  du même nom se trouvait sur la commune d’Armaillé.

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Caspar David Friedrich, L’arbre aux corbeaux, 1822 – (Wikipedia)

Je ne sais presque rien de Marguerite. Son origine est mystérieuse. Elle apparaît à Cheviré-le-Rouge, auréolée de son joli patronyme, comme femme de Pierre RAVENEAU, en 1652.  Après la naissance de sa première fille, elle perd coup sur coup chacun des six enfants qui suivront ! Elle en aura encore cinq autres, parmi lesquels Marguerite RAVENEAU, mon aïeule. Alors que son dernier enfant n’a que deux ans, c’est au tour de son mari de succomber. Malgré tout, elle se remarie alors assez rapidement. Trente ans plus tard – son second mari mort et enterré lui aussi – elle décède, âgée de 75 ans, au coeur de l’hiver 1705.  Elle est inhumée dans  la paroisse de Marcé, où vivent son gendre, René FALAISE, et sa fille Marguerite.

HURDEBISE Marguerite - Sépulture
Sépulture de Marguerite HURDEBISE, 25 janvier 1705, Marcé – (AD49)

Je n’ai rencontré nulle part ailleurs de HEURTEBISE. Selon Geneanet, ce patronyme est surtout fréquent en Mayenne et dans la Sarthe. Ces départements, en effet,  ne sont pas très éloignés de Cheviré-le-Rouge.

Alors, après cette romantique petite parenthèse, il ne me reste donc plus qu’à chercher…

 


Notes

 

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11 réflexions sur “Des dames du temps jadis à Marguerite HEURTEBISE

    1. Bien-sûr !
      J’ai dévoré le roman d’Emily Brontë quand j’étais adolescente (à la grande époque de « David Hamilton » et ses « Jeunes filles en fleurs » !), espérons cependant que Marguerite HEURTEBISE fut plus heureuse que Catherine…

      Aimé par 1 personne

      1. J’ai connu lors de mon enfance (vers 1953) un couple Heurtebise, qui étaient boulangers, au 44 avenue René Gasnier à Angers. Ils étaient très gentils, nous étions très pauvres et nous faisaient crédit lorsqu’avec mes frères nous venions chercher un gros pain de 4 livres et nous donnaient des petits bâtonnets de chocolat enveloppé dans du papier aluminium coloré de jolies rayures rouges, bleu, vertes, une crème à l’intérieur fondait dans la bouche !
        Ces souvenirs semble d’hier.
        Paul De Laroche était le père de la grand mère trisaïeule de mon papa, Jeanne De Laroche épouse René Jubeau.

        J’apprécie vos articles

        Cordialement

        Aimé par 1 personne

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