Les cousins d’Adèle … retrouvés !

J’ai retrouvé Ferdinand LENTAIGNE, le cousin d’Adèle ! Il se cachait à Durtal !

Récapitulons :

Lors de son mariage à Seiches, dans le Maine-et-Loire, mon ancêtre Adèle GAULARD se marie en présence de deux de ses cousins, Ferdinand et Victor LENTAIGNE ; le premier est censé être son cousin germain, le second, son cousin issu de germain. Ils pallient ainsi l’absence de ses parents, toujours en vie, mais dans l’incapacité de se déplacer puisqu’ils résident toujours à Saint-Barthélémy, dans la Manche, ville dont est originaire d’Adèle.

Ferdinand LENTAIGNE, ancien fabricant de papier, agé de trente six ans, cousin germain de l’épouse, demeurant à Seiches, et Victor LENTAIGNE, fabricant de papier, agé de vingt cinq ans, cousin issu de germain de l’épouse, demeurant à Morannes

CHAIGNON-GAULARD-Signatures de l'acte de mariage
Signatures d’Adèle GAULARD et de ses cousins, Ferdinand LENTAIGNE et Victor LENTAIGNE, au bas de son acte de mariage avec Jacques-Napoléon CHAIGNON, le 12 juillet 1841, Seiches-sur-le-Loir. (AD49)

Adèle GAULARD était l’arrière petite fille de Denis LENTAIGNE, maître papetier à Saint-Barthélémy, et de Julienne DUPONT son épouse. Parmi leurs enfants, Marie Jeanne, la grand-mère d’Adèle, et deux fils, François Joseph et Louis Marie LENTAIGNE, grands-oncles d’Adèle.

Louis Marie LENTAIGNE (1769-1849)

Né à Saint-Barthélémy, marié à Neufbourg en 1797 avec Louise Gillette Henriette POULAIN, il eut au moins sept enfants, parmi lesquels Victor Léon, second témoin au mariage d’Adèle.

J’ai retracé dans un article précédent, le parcours de Louis Marie LENTAIGNE. Le voici, complété au vu de mes découvertes à Durtal :

  • 1769 – Saint-Barthélémy (Manche) – Naissance.
  • 1797 -Neufbourg (Manche) – Mariage.
  • 1798 – Brouains (Manche) – Naissance de Siméon Julien Louis, son premier enfant.
  • 1801 – 1806 – Chérencé-le-Roussel (Manche) – Naissance de François, Louis Napoléon et Victoire, ses enfants.
  • 1808-1809 – Saint-Barthélémy (Manche) – Naissance d’Elisabeth et d’Anselme, ses enfants.
  • 1812 –  Piacé (Sarthe) – Décès de sa soeur, Marie Louise, fille de Denis LENTAIGNE, veuve HAUMONT.
  • 1816 – Piacé (Sarthe) – Naissance de Victor Léon, son fils et décès de sa femme, Louise Gillette Henriette POULAIN.
  • 1817-1834 – ??
  • 1835 -1843 – Morannes (Maine-et-Loire) – Décès de son fils (François), de sa fille (Victoire), mariage de son fils (Victor Léon) et naissance de sa petite fille (Marie-Aimée, fille de Victor, née le 25 mars 1843).
  • 1849 – Durtal (Maine-et-Loire) – Décès, le 9 décembre 1849. Il avait 80 ans.

Louis Marie LENTAIGNE décède donc à Durtal, au village de Gouis.

(A Durtal, j’ai aussi trouvé deux autres LENTAIGNE, non encore rattachés. L’un se prénomme Auguste Jean. Marié à Paris (2ème arrondissement) à Marie Léonie BONNAMEAU, il déclare la naissance d’une fille, Louise Léonie, le 23 février 1852. L’autre s’appelle Pierre ARMAND, il est marié à Emilie SARREBOURCE, et déclare lui aussi la naissance d’une petite fille, nommée Emilie, le 10 novembre 1839. Tous deux sont fabricants de papier et, peut-être, sont-ils les enfants de Louis-Marie ou de François Joseph LENTAIGNE.)

François Joseph LENTAIGNE (1767-1844)

Certains enfants de François Joseph vivaient également à Durtal. Ainsi AdélaIde, dont j’ignorais l’existence, mariée à Clément MEFRAY, qui y décède le 16 mai 1837, à l’âge de 34 ans et qui est née, non pas à Saint-Barthélémy comme les autres enfants de François Joseph, mais au Mesnil-Tôve, en 1802.

Sur les registres de Durtal, j’ai trouvé également le mariage de Frédéric Auguste, le 12 février 1835, avec Marie-Anne LANGLAIS. Par cet acte, j’apprends enfin qui est ce fameux Ferdinand, présent au mariage d’Adèle. Il était le frère de Frédéric et donc le fils de François Joseph.

Si j’en crois la naissance de sa soeur, Adélaïde, au Mesnil-Tôve en 1802, sans doute François Joseph et sa femme y ont-ils résidé un certain temps avant d’habiter Seiches-sur-le-Loir et peut-être y ont-ils eu d’autres enfants.

C’est parti pour Le Mesnil-Tôve ! Effectivement, trois enfants y sont nés : Angélique (1798), Adélaïde (1802) et … Ferdinand (1805).

On peut reconstituer les grandes étapes de la vie de François Joseph ainsi :

  • 1767 – Saint-Bartéhélémy (Manche) – Naissance.
  • 1788 – Saint-Barthélémy (Manche) – Mariage avec Elisabeth Renée GAULARD.
  • 1789 à 1796 – Saint-Barthélémy (Manche) – Naissances de Elisabeth, Julienne, Marie-Louise, Joseph et Frédéric, ses cinq premiers enfants.
  • 1798 – 1805 – Le Mesnil-Tove (Manche) – Naissance d’Angélique, Adélaïde et Ferdinand, ses trois derniers enfants.
  • 1808 – Seiches-sur-le-Loir (Maine-et-Loire) – Décès de Joseph, son fils.
  • 1817 – Seiches-sur-le-Loire (Maine-et-Loire) – Décès de Elisabeth, sa fille.
  • 1826 – Seiches-sur-le-Loire (Maine-et-Loire) – Mariage de Marie-Louise, sa fille, avec Alexis GAUTIER, de Durtal.
  • 1835 – Durtal (Maine-et-Loire) – Mariage de Frédéric Auguste, son fils, avec Marie Anne LANGLOIS, originaire de Romagny (Manche), en présence de Ferdinand LENTAIGNE, frère de l’époux, fabricant de papier à Durtal.
  • 1837 – Durtal (Maine-et-Loire) – Décès d’Adélaïde, sa fille, femme Clément MEFFRAY.
  • 1844 – Seiches-sur-le-Loir (Maine-et-Loire) – Décès, le 15 décembre.
LocalisationLENTAIGNE
Localisation de quelques descendants de Denis LENTAIGNE (En bleu, Adèle GAULARD)

Les papeteries LENTAIGNE à Seiches et à Gouis

François Joseph est donc arrivé à Seiches entre le 5 janvier 1805 (Naissance de Ferdinand LENTAIGNE au Mesnil-Tôve) et le 14 avril 1808 (Décès de Joseph LENTAIGNE à Seiches). Mais il ne s’est pas contenté d’exploiter le moulin de Bré.

Selon Célestin Port, une importante papeterie, installée dans l’ancien prieuré de l’Eglise de Gouis, fut établie en 1820 par M. LENTAIGNE. Transformée en 1837 par M. BILBILLE, elle fut incendiée en 1846, avant de redevenir à nouveau florissante. Le papier y était apporté en pâte des moulins d’Ignerelle, placés en aval sur le Loir.

L’indicateur du Maine-et-Loire, nous en apprend davantage :

La fabrique de papier, connue sous le nom de papeterie de Gouis remonte pour son origine à l’année 1818 ou 1820, époque à laquelle M. Lentaigne, originaire de Normandie, fit l’acquisition d’un moulin situé sur la rive droite du Loir, près l’église de Gouis.

La chute d’eau de ce moulin étant considérable permit d’y établir trois roues pour faire mouvoir les pilons dont on se servait alors pour préparer la pâte.

Le papier qu’on en obtenait était placé dans des greniers ou séchoirs.

Vers 1835, ces séchoirs furent remplacés par des cylindres chauffeurs dits sécheurs et les pilons par des cylindres broyeurs, au nombre de deux.

Mais M. Lentaigne ayant vendu cette usine à M. Bilbille, celui-ci ou ses préposés y firent de notables changements, en ajoutant, vers l’année 1837, quatre cylindres broyeurs, une blanchisserie, où le chiffon de couleur perdant toutes ses teintes, cela permet d’en faire du papier blanc.

En 1846, un incendie détruisit en grande partie de remarquable établissement.

Relevée sur un nouveau plan, les propriétaires actuels, MM. Bilbille père et fils dirigent cette importante papeterie, à laquelle ils apportent fréquemment de nouvelles modifications. Maintenant, et comme dans l’origine, on fabrique à Gouis, sur commandes, toutes espèces de papiers ; mais le papier de journal et le papier écolier en rames sont les sortes de produits les plus importants de cette entreprise.

Le papier se fabrique en une bande d’une longueur indéterminée qui s’enroule sur une espèce de rouet, d’où on l’enlève pour le couper, selon les dimensions voulues, à l’aide de machines appelées coupeuses.

Aux Archives Nationales, des éléments supplémentaires permettent de déterminer de façon certaine que le LENTEIGNE dont il est question ci-dessus est bien François Joseph LANTAIGNE, résidant à Seiches. Des traces de son activité professionnelle ont été conservées :

Le 23 décembre 1818. Vente de brevet et de la machine à faire le papier se trouvant dans la papeterie de Seiches, par Jean Roumage et consorts à François Lentaigne, papetier, et Jean Jacques Bilbille, négociant.

Le 7 janvier 1819. Société en commandite Lentaigne et Cie pour construire deux usines à papier blanc à Gouy, entre François Lentaigne, papetier, et Jean Jacques Bilbille, négociant.

DURTAL-Gouis-Ancienne-papeterie
L’ancienne papeterie à Gouis (Durtal, 49)

J’ignore si l’accès aux originaux permettrait d’en savoir plus sur les circonstances de ces transactions…

On trouve également dans le Catalogue des brevets d’invention d’importation et de perfectionnement (BNF), la mention suivante, qui me laisse perplexe :

Brevet LENTAIGNE
Catalogue des brevets d’invention… , p. 217 –  (GallicaBnF)

Brevet d’invention de 5 ans, délivré le 12 septembre 1842, à Lentaigne, employé, à Seiches (Maine-et-Loire), élisant domicile à Paris, chez Bilbille, négociant, rue Saint-Louis,  n° 30, au Marais.

Sans doute ne s’agit-il pas cette fois, de François Joseph, qui a près de 75 ans, mais de l’un de ses fils ou même neveu… J’ignore s’il est possible d’avoir accès aux originaux de ces documents et si ces derniers me permettraient d’en savoir un peu plus…

Et Adèle dans tout ça ?

J’ai retrouvé les cousins d’Adèle. J’ai aussi trouvé la raison pour laquelle elle s’est mariée à Seiches. (Voir iciElle a suivi sa famille et rejoint des oncles, tantes et cousins. Quant à son mari, originaire de Durtal, elle l’a vraisemblablement connu parce qu’il travaillait dans une papeterie, tout comme elle, qui est dite papetière sur son acte de mariage. Bien-sûr, il sera difficile d’en savoir plus et des questions demeurent. Pourquoi a t-elle quitté sa famille, contrairement à ses sœurs qui, elles, sont restées à Saint-Barthélémy ? Est-ce son mari qui est venu à Seiches, ou bien, est-ce elle qui est allée, temporairement, à Durtal ?

Un autre mystère demeure. Les cousins d’Adèle sont de la même génération, or l’un, le fils de Louis Marie LENTAIGNE est dit « cousin issu de germain », ce qui est logique, puisque son père est le cousin de sa mère, mais Ferdinand, lui, est dit « cousin germain », or les liens de parenté sont les mêmes, à moins qu’il n’y ait un lien – que je n’ai pas encore trouvé – entre la mère de Ferdinand, Elisabeth Renée GAULARD, et le père d’Adèle, Louis GAULARD.

LENTAIGNEdenis(Descendants
Une partie des descendants de Denis LENTAIGNE et les cousins d’Adèle

Sources, Notes et Liens

– Odile Halbert, Rente foncière sur le Moulin à papier de Bré, Seiches-sur-le-Loir 1630, Modes de vie au 16è et 17è siècles.

Bré et les carrières (Photos du Moulin de bré réaménagé en chambre d’hôtes).

– Célestin Port, Dictionnaire de L’Anjou, Edition Originale en ligne aux AD49 (Gouis).

– Aimé Millet de la Turtaudière, Indicateur de Maine et Loire ou indication par communes de ce que chacune d’elles renferme sous les rapports de la géographie, des productions naturelles, des monuments historiques, de l’industrie et du commerce, Librairie de Cosnier et Lachèse, 1864. (Google books)

– Claude Pris, Inventaire des Documents du Minutier Central des Notaires de Paris concernant L’Histoire économique et sociale (1800-1830).(En ligne ici)

Catalogue des Brevets d’invention, d’importation et de perfectionnement. (En ligne sur Gallica ici)

Annales de l’industrie nationale et étrangère (Google Books) – (BILBILLE, à Paris, rue de la Roquette, n° 75, et LENTAIGNE, à Seiches. Le 6 mars 1820, certificat d’additions et de perfectionnement au brevet, de 15 ans, qui a été délivré, le 25 février 1816, au sieur Leistenschneider (dont ils sont concessionnaires), pour des machines à fabriquer le vélin.)

Merci à Cyril, auteur du blog Découvrez l’histoire d’Echenay, petit village de Haute-Marne, pour son aide précieuse et la découverte des documents relatifs aux Lentaigne dans le Minutier des Notaires de Paris et sur Gallica.

Advertisements

7 réflexions sur “Les cousins d’Adèle … retrouvés !

  1. Bravo pour vos recherches passionnantes. Jeune employée à la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Angers de 1955 à 1963, je me doutais depuis le début de vos interrogations que vous deviez arriver à Durtal. En effet, les papeteries de Gouis restent bien présentes dans ma mémoire, car il y a des élections dans ces chambres consulaires et il fallait pointer les inscrits avec application. Je vais me renseigner près de mon ancienne « supérieure » et si j’obtiens quelque chose qui vous concerne, je vous l’indiquerai.

    Aimé par 1 personne

  2. Adèle Gaulard pour vous, Philippe Wittmer pour moi…
    Et ces questions : « Pourquoi sont-ils partis, pourquoi ceci, pourquoi cela ? »
    Énervant, hein ?… Surtout que l’on sait très bien tous les deux que l’on ne trouvera jamais. Mais j’ai toujours préféré le voyage à la destination finale, parfois décevante.
    Vous aussi sans doute ? Alors, continuons de chercher !
    Bravo pour votre blog
    Cordialement
    CL

    Aimé par 1 personne

  3. -Ces « paptiers » qui venaient de Haute Normandie,travailler à Seiches !
    -Au hasard des recherches.
    Le 4 1 1679 à Seiches. Sépulture de Gilles Le Mercier ?du métier de paptier,âgé de 22 ans,de la paroisse de Nassandre Evêché d’Evreux.
    Présents :Olivier Chérault (signe),Me paptier,son maître et de Gabriel de La Mare,aussi paptier de la paroisse de Beaumontel,diocèse d’Evreux.
    (AM de Seiches S/Loir -BMS-1676-1699.(vue 27)
    -Voir les Chérault graveurs papetiers etc…intéressant.

    Aimé par 1 personne

  4. Merci à tous pour vos commentaires. Je n’abandonne pas les LENTAIGNE pour autant, ni les papetiers de Normandie ou d’ailleurs, qui me réservent encore très certainement d’autres surprises… A très bientôt donc et merci pour tous ces encouragements qui me font vraiment plaisir !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s