La généalogie à rebours

Il y a quelques jours un article intitulé « Faut-il reprendre son arbre généalogique à zéro ?«  est paru sur le blog Auprès de nos racines. J’ignorais totalement qu’un challenge proposant de recommencer ainsi toute sa généalogie, en effaçant quasiment toutes ses données, avait été lancé outre-mer. (Pour plus de détails, voir l’article cité ci-dessus.)

Or, il se trouve que depuis quelque temps je me pose un peu la même question. J’aimerais « revoir » et « réviser » ma généalogie. A ceci, plusieurs raisons :

– Au début, j’avais tellement hâte de découvrir de nouveaux ancêtres que je suis souvent passé très vite sur certains, en me disant que je reviendrai les « voir » plus tard, ce que je n’ai pas forcément fait. Or, comme j’ai quand même trouvé beaucoup d’ancêtres, je ne sais pas toujours quels sont ceux que j’ai laissé ainsi « en friches« .

 – Mes connaissances généalogiques et/ou paléographiques n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui, sans doute ai-je fait de nombreuses erreurs de lecture ou d’interprétation et peut-être ai-je omis quelque détail qui aurait pu me mener plus loin. Relire certains registres me permettraient très certainement de corriger certaines erreurs ou d’ajouter des compléments.

– Au début de mes recherches, je notais presque tous les individus rencontrés : parrains et marraines bien-sûr, mais aussi témoins, cousins, oncles, voisins, déclarants… Bref, mon fichier commence à être très lourd (plus de 23 000 individus). Cela ne me gênerait pas si tous les individus présents avaient leur utilité, or c’est loin d’être cas et j’estime à quelques centaines le nombre d’individus inutiles (à ma généalogie, bien-sûr) et donc susceptibles d’être supprimés.

Je pourrais citer encore de nombreuses raisons qui me poussent à revoir ma généalogie toute entière, mais la raison principale est, je crois, de mieux la connaître. En effet, même si cela peut paraître curieux, certaines de mes branches me sont presque inconnues parce que je ne les ai pas étudiées suffisamment ;  et par « étudiées », j’entends connaître absolument tout ce qu’il est possible de connaître sur elles : lieux de vie, conditions de vie, contexte historique… et bien d’autres choses encore !

Cependant, faut-il que je reprenne mon arbre généalogique à zéro ? Faut-il que je recommence tout ce que j’ai déjà fait une fois ? Faut-il que je relise le nombre incalculable de pages de registres, parfois illisibles, que j’ai déjà dû déchiffrer ? Faut-il que je passe encore de longues heures à traquer un mariage perdu pour que je le retrouve, un jour, par hasard, au cours d’une autre recherche ? Dois-je balayer d’un seul clic toutes les recherches que j’ai accumulées depuis de longues années ? Dois-je effacer toutes les traces que j’ai patiemment relevées, triées, classées ?  Non ! Mille fois non ! C’est tout bonnement impossible ! Et puis, quel intérêt ? La joie de la découverte, celle que tout généalogiste connaît, a connu et cherche à retrouver, cette joie aura disparu ! Cette joie, en effet, pour moi, n’est possible qu’une fois, et si je recommence tout, j’aurais encore le souvenir de ce que je dois trouver, à moins bien-sûr que j’efface aussi ma mémoire

En bref, vous l’aurez compris, tout reprendre à zéro, ce n’est pas pour moi. Mais voilà, j’ai quand même envie de « réviser » ma généalogie, alors j’ai quand même trouvé (pour l’instant) une parade : je recommence tout, oui, mais je recommence tout en partant de la fin. C’est d’ailleurs, je crois, ce qu’on appelle une généalogie descendante, mais je préfère l’appeler « à rebours« , ou « à l’envers » si vous préférez. C’est très simple. Je pars du bout d’une branche et je remonte. J’ai toujours trouvé que c’était plus naturel, au lieu de « vivre à l’envers« , on commence par la naissance d’un individu et on le suit jusqu’à sa mort, mais évidemment, on ne peut procéder ainsi qu’après avoir déjà fait son arbre généalogique…

J’ai déjà commencé. Déjà j’ai trouvé des éléments qui m’avaient échappé, déjà j’ai éliminé des individus « inutiles », déjà j’ai expérimenté une nouvelle organisation… Bref, j’ai déjà pris beaucoup de plaisir à reprendre ainsi ma généalogie non pas « à zéro » mais « à rebours. »

Peut-être, mais alors vraiment peut-être,  lorsque j’aurais ainsi remonté toutes mes branches, dans très longtemps, peut-être alors aurais-je la tentation de tout refaire..


Liens

Auprès de nos racines, « Faut-il reprendre son arbre généalogique à zéro ? ». (Merci à Elise d’avoir su poser la bonne question, du moins celle que tout généalogiste se pose à un certain moment de son évolution, et ce moment, pour moi, c’était maintenant…)

Et aussi :

– Sur le blog Degrés de parenté, « Reprendre son arbre à zéro ? Pas question !.

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12 réflexions sur “La généalogie à rebours

  1. Ah, tu me rassures ! Je finissais par me demander si j’étais normale de ne pas avoir la moindre envie de repartir à zéro. Pour ma part, je me balade régulièrement dans mon arbre, tantôt grimpant sur une branche tantôt sur une autre, afin d’approfondir mes connaissances de telle ou telle famille et c’est à l’occasion de ces « grimpettes » que je corrige (avec un bon logiciel, on détecte rapidement les erreurs), épure… quoique contrairement à beaucoup, je ne trouve personne inutile dans ma base de données car parfois, j’ai, au contraire, la joie de voir apparaître des liens entre deux de mes branches, justement, grâce à toutes les données saisies pour étoffer celle-ci. Aujourd’hui, j’en suis à presque 30 000 individus (je n’ai entrées que des personnes que j’ai moi-même saisies et pour moi, toutes ont leur place dans ma base !
    Donc, ce challenge n’est pas pour moi du tout ! 😀
    Bonne continuation à tous et à toutes ! Et merci pour cet article !

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  2. Non, vous n’êtes pas toute seule. D’une certaine manière, nous reprenons tous régulièrement nos arbres. Archives en ligne, évolutions des logiciels, nous sommes toujours amenés à reprendre certains éléments.
    Nous sommes tous passés par les mêmes « erreurs » de débutant, peut-être plus encore à une heure où existent de très nombreux relevés faits par les associations. On grimpe trop vite et on reprend après.
    Comme vous le dites, notre « niveau » de généalogiste a forcément évolué par rapport à nos débuts. Mais il a justement évolué parce que nous avons appris et faits des erreurs. Si l’on poussait le raisonnement, nous ne ferions rien aujourd’hui, car nous serons encore meilleurs dans 5 ou 10 ans.

    Pour moi, chaque généalogiste est différent. Nos aspirations sont différentes. Nos besoins sont différents. Il est donc logique de voir des pratiques et des chemins différents. Ils n’en sont pas moins légitimes les uns par rapport aux autres.

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  3. Merci pour cet article, et ce point de vue sur la question 🙂
    Je trouve ta démarche de généalogie « à rebours » très intéressante pour reprendre sa généalogie sous un angle nouveau.
    Bravo et bon courage pour ce projet 🙂
    A bientôt,
    Elise

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  4. C’est amusant : tu te proposes de tout reprendre pour éliminer les fiches des témoins qui n’ont rient à faire dans l’arbre, et si je le faisais ça serait pour les ajouter ! Comme quoi, une proposition peut-être déclinée de différentes manières. Mais de toutes façons, en ce qui me concerne, ce travail n’est pas pour 2015…

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    1. En fait, je voulais dire que je supprime surtout les individus notés « au cas où », ceux qui ont le même patronyme par exemple, susceptibles d’être rattachés et qui, finalement, n’ont rien à voir… (Avant de les supprimer d’ailleurs, je les note dans un autre fichier…). En fait, je voudrais avoir un fichier « pur » et un fichier « recherches », mais je ne sais pas si j’y arriverais !

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  5. Petite astuce personnelle (que peut être d’autres font), c’est de noté dans les notes de chaque individus la date à laquelle je l’ai ajouté.
    Ensuite, quand l’envie de vérifier ma généalogie me reprend, je revérifie les informations des individus dont la date notée est la plus ancienne.
    Que je trouve ou pas des nouvelles infos sur cet individu, je met à jour la date dans les notes (qui devient donc de fait la date de dernière vérification).
    Cela me permet de ne pas ignorer (s’en faire exprès) des branches de ma généalogie pendant trop longtemps.

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  6. C’est une très bonne idée ! D’ailleurs je viens de réaliser que Heredis note la date de chaque création de fiche et la date de sa dernière modification, cela peut être utile pour rechercher les fiches créées il y a longtemps : il suffit de lancer une recherche avancée pour obtenir ces fiches. Merci beaucoup pour cette très bonne piste !

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