Un poilu mystérieux – Auguste Joseph TRICOIRE

Où est né Auguste Joseph TRICOIRE ?

Auguste Joseph TRICOIRE est cité sur le Monuments aux Morts de Melay. Selon MemorialGenWeb, il est mort pour la France le 20 août 1914. Comme l’anniversaire de sa mort vient d’avoir lieu, je voulais lui rendre hommage et réaliser sa mini-biographie comme je l’ai fait déjà pour d’autres poilus de Melay.

Je consulte donc sa fiche sur le site  « Mémoire des Hommes ».

La voici :

TRICOIRE Auguste Joseph-FMdH

Tous les renseignements concordent avec ceux donnés sur le site Memorial GenWeb. Né le 26 février 1884 à Chemillé, soldat du 277è Régiment d’Infanterie, il est tué à l’ennemi le 20 août 1914 à Nomeny en Meurthe-et-Moselle. J’annote donc sa fiche puis je consulte son acte de naissance sur les AD49 à Chemillé.

Mais il n’y a pas d’acte de naissance à Chemillé à cette date-là. Je cherche un peu autour, rien. Je change d’année, rien. Je consulte les TD, rien !

Tant pis ! Je décide de contourner le problème et  de chercher sa fiche matricule. Celle-ci m’indiquera très certainement son véritable lieu de naissance, peut-être Melay ou une commune avoisinante.

Sa fiche Memoire des Hommes nous indique son matricule : 1122, le bureau de recrutement : Cholet et la classe à laquelle il appartient : 1904. Me voici de retour aux AD49 en ligne.  Je trouve rapidement la fiche, c’est bien un TRICOIRE, né en février 1884, mais la ressemblance s’arrête là ! Il s’agit d’un tout autre TRICOIRE. Il est né le 19 février 1884 au May-sur-Evre, s’appelle Emile Armand Victor Marie, et surout il n’est pas du tout mort pendant la grande Guerre, il est marié, a eu au moins trois enfants… Bref, ce n’est pas le bon TRICOIRE bien que sa fiche porte bien le numéro 1122 !

Que faire ? Je vérifie le Livre d’Or de la commune de Melay. J’y trouve les mêmes informations que sur sa fiche MdH : né le 26 février 1884 à Chemillé. Seul petit changement, son prénom Auguste est devenu Augustin.

Je cherche son acte de naissance à Melay, rien non plus ! Je consulte alors la table alphabétique annuelle des registres matricules de Cholet pour l’année 1904 et je trouve ceci :

TRICOIRE Registre matricule
AD49 – Cholet – 1904 – Table alphabétique annuelle -Vue 18/27

Ouf ! J’ai retrouvé mon Auguste Joseph ! Son numéro matricule est donc 1220 et non 1122. Les deux TRICOIRE ont donc été malencontreusement mélangés. mais il reste encore un mystère : où donc est-il né ?

Sa fiche matricule – la bonne cette fois – n’apporte pas d’information supplémentaire :

TRICOIRE Auguste Joseph - 1220
AD49 – Cholet – 1904 – Registre matricule -3 – vue 288/663

Il est définitivement né le 26 février 1884 à Chemillé, de Pierre TRICOIRE et de Rosalie Emilie HUMEAU qui résident à Melay au moment où la fiche a été établie.

Il me faut donc chercher pourquoi son acte de naissance n’apparait pas à Chemillé. Dans un petit coin de la fiche sont notées les adresses successives d’Auguste TRICOIRE. Il a beaucoup voyagé ! Je décide de tenter ma chance dans les localités où il a résidé.

TRICOIRE Auguste Joseph - 1220 - Adresses successives
AD49 – Cholet – 1904 – Registre matricule -3 – vue 288/663

Mais, par acquis de conscience, je décide d’abord de vérifier les actes de naissance de Chemillé. Peut-être s’y trouve-t-il un acte caché, rattaché, oublié… Tant de choses peuvent arriver ! Et heureusement !

Je découvre en effet, l’acte de naissance de Auguste Joseph HUMEAU le 29 février 1884. Et bien-sûr, il s’agit de mon Auguste Joseph, né hors mariage et reconnu quelques jours après sa naissance  par sa mère, le 14 mars 1884, puis légitimé par Pierre TRICOIRE, en 1887, lorsqu’il se marie avec Rosalie HUMEAU.

HUMEAU Auguste Joseph
AD49 – Chemillé – N – 1883-1892 – Vue 23/168

Voilà enfin le mystère totalement résolu ! Je peux donc maintenant écire la mini-biographie de Auguste Joseph TRICOIRE. Il me reste cependant un petit souci pour lequel je sollicite votre aide : comment corriger une erreur de matricule sur une fiche du site « Mémoire des Hommes » ? (J’ai corrigé l’annotation et j’ai envoyé un message mais j’ignore si cela sera pris en compte, de plus, l’erreur est également présente dans la base des Sépultures de guerre où il est également répertorié).

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9 réflexions sur “Un poilu mystérieux – Auguste Joseph TRICOIRE

  1. Ah, j’aime suivre les investigations nécessaires pour arriver à ce que l’on cherche. ça m’arrive aussi parfois, un tel parcours ! D’ailleurs, en ce moment, je me suis rendue compte que les victimes (fusillées ou décapitées) du tribunal révolutionnaire de 1793 à Lyon, ne figuraient pas dans les registres d’Etat-Civil. Je vais donc aller faire un tour aux AM un de ces jours… Bonne poursuite de tes articles, très sympas.

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    1. Oui, c’est vraiment palpitant parfois ! Bon courage également à toi pour tes recherches : l’époque révolutionnaire est aussi une période fascinante et pleine de surprises !

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  2. Oui, ces sortes d’enquêtes sont un régal et je suis contente que cela plaise aussi quand on les raconte ! Merci beaucoup pour votre commentaire qui m’encourage à poursuivre.

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  3. Pour information, l’erreur de matricule a bien été corrigée sur le site « Mémoire des Hommes », (mais elle est encore présente sur la fiche d’inhumation). On peut désormais lire sur la fiche : « Suite à des vérifications, certaines données indiquées dans la fiche originale se sont avérées erronées et ont été modifiées. Données corrigées le 25 août 2014 : Matricule au recrutement : 1220. »
    Génial !

    http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m00523a02b5b9e9a/5242c0afa5a2e

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  4. Pour le père biologique décédé en 1940 d’une amie correspondante depuis nos 15 ans, chatelleraudaise, j’avais écrit au Webmaster : ce soldat était déclaré né dans une commune exacte avec comme indication un département faux (85 au lieu de 86), elle n’avait pratiquement aucune indication sur ce père biologique… Rectification a été faite et j’ai réussi à lui trouver où il avait été enterré. J’ai fait sa généalogie et… j’ai découvert, preuves à l’appui que nous sommes cousines très lointaines par un couple REQUIEM du 17ème siècle… Rose l’Angevine

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