corbeau

De funestes corbeaux (Marigné – 1626)

Le 9 octobre 1626 eut lieu à Marigné-près-Daon(49) l’inhumation de Jehan CONSTANTIN, prêtre, vicaire à Tiercé, mort de contagion.
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Le corbeau, dessin de Jacques De Sève. "Illustrations de l’Histoire naturelle des Oiseaux, T.III" – Source Gallica

Les actes de sépultures faisant état de mort par contagion sont assez fréquents un peu partout et Marigné n’échappe pas à la règle. Ainsi , lorsque l’on parcoure les registres de la paroisse, il est aisé de se rendre compte que plusieurs épidémies successives ont eu lieu à la fin du 16ème siècle et au début du 17ème ; certaines années, la mortalité est gigantesque, des familles entières sont décimées, il n’y a plus personne pour porter les corps au cimetière et certains moribonds sont donc enterrés dans leur jardin comme nous le montre l’acte ci-dessous :

"Le 4 ième dudit moys et an (octobre 1604) décéda Mathurin BOIVIN closier au Peit Oiré, lequel fut enterré au jardin dudit lieu, d’autant qu’il ne se peut trouver personne pour les apporter au cimetière ny luy ne sa femme pour le danger qui inspiroict." (vue 352/433)

(AD49-Marigné BMS -1533-1657 – vue 352/433)

Mais ce qui est étonnant dans l’acte d’inhumation de Jehan CONSTANTIN,  c’est la précision particulière qui est faite au sujet de l’origine de sa contagion. En effet, ce dernier, prêtre, vicaire à Tiercé, et sans doute en visite à Marigné, meurt de "contagion par les corbeaux dudit Tiercé".

Voici cet acte et sa transcription :

Contagion par les corbeaux - Marigné

"Le 9 jour d’octobre 1626 fut ensépulturé le corps de deffunt Missire Jehan CONSTANTIN prestre vivant vicaire à Tiercé lequel décéda au lieu de Chaillé en cette paroisse de contagion par les corbeaux dudit Tiercé, au grand cimetière de cette paroisse, faict par moy curé dudit Marigné soubzsigné. C. Ogier."(vue 403)

Certes les corbeaux, étant charognards, ont une réputation funeste. Cependant, faut-il en déduire que des corbeaux, qui plus est, de Tiercé, ont attaqué le pauvre prêtre ? Le terme ne désigne-t-il pas plutôt les croque-morts de Tiercé ? On appelait en effet "corbeau", celui qui devait se charger de porter les corps des morts dans les fosses lors des grandes épidémies.

Je suis à la recherche de toute information qui me permettrait d’élucider ce mystère…


Sources

- Illustrations – Le Corbeau, dessin de Jacques De Sève, in "Illustrations de l’Histoire naturelle des Oiseaux, T.III" – Source Gallica.

-AD49-Marigné BMS -1533-1657 -

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Un enfant écrasé par une charrette ! (Marigné – 1614)

Cruel accident à Marigné ! Ce jour-là, au matin du mardi dix juin 1614, les paroissiens font une macabre découverte sur la place de leur village.  Un enfant a été cruellement écrasé et sans doute défiguré par une roue de charrette qui est passée sur lui. On fait appel à Georges HEULLIN, notaire royal, pour constater les faits avant d’inhumer au plus vite le pauvre garçon. Le curé, Joseph CHARDON, a sans doute été fort choqué par la vision du petit défunt car il écrit :

Enfant écrasé par une charrette-Marigné - 1614
AD49 – Marigné – BMS 1533-1657 – Vue 370/433
"Le dixiesme jour de juin mil six cent quatorze fut ensepulturé le corps de defunt Sébastien BOURDAIS au grand cimetière par moy Joseph CHARDON prestre curé. Iceluy BOURDAIS moreut fortuitement, une roe de charte passa par sur sa cuisse et roula sur le long du ventre, de l’estomac et de la teste. Il n’avoit que neuf à dix ans et menoit ladite charte, tout seul. Il fut trouvé mort sur la place et lesdits boeufs et ladite charte auprès. Ce spectacle estoit très deplorable. Il fut ensepulturé en présence de Georges HEULLIN notaire et Pierre MOISSON et René PERRAULT et plusieurs aultres."

[Note - Une "charte" ou "chârte" = s.f., contraction du mot "charrette" .(Glossaire du Patois Angevin, Verrier et Onillon, T.1)]


Autres accidents de charrette

-Arboretum FamilialE comme endormi, Chavanoz (38), en 1757.

 -Recherches GénéalogiquesAccident de charrette à St Omer en 1732.

Merci aux auteurs de me les avoir signalés (voir commentaires).

Un poilu mystérieux – Auguste Joseph TRICOIRE

Où est né Auguste Joseph TRICOIRE ?

Auguste Joseph TRICOIRE est cité sur le Monuments aux Morts de Melay. Selon MemorialGenWeb, il est mort pour la France le 20 août 1914. Comme l’anniversaire de sa mort vient d’avoir lieu, je voulais lui rendre hommage et réaliser sa mini-biographie comme je l’ai fait déjà pour d’autres poilus de Melay.

Je consulte donc sa fiche sur le site  "Mémoire des Hommes".

La voici :

TRICOIRE Auguste Joseph-FMdH

Tous les renseignements concordent avec ceux donnés sur le site Memorial GenWeb. Né le 26 février 1884 à Chemillé, soldat du 277è Régiment d’Infanterie, il est tué à l’ennemi le 20 août 1914 à Nomeny en Meurthe-et-Moselle. J’annote donc sa fiche puis je consulte son acte de naissance sur les AD49 à Chemillé.

Mais il n’y a pas d’acte de naissance à Chemillé à cette date-là. Je cherche un peu autour, rien. Je change d’année, rien. Je consulte les TD, rien !

Tant pis ! Je décide de contourner le problème et  de chercher sa fiche matricule. Celle-ci m’indiquera très certainement son véritable lieu de naissance, peut-être Melay ou une commune avoisinante.

Sa fiche Memoire des Hommes nous indique son matricule : 1122, le bureau de recrutement : Cholet et la classe à laquelle il appartient : 1904. Me voici de retour aux AD49 en ligne.  Je trouve rapidement la fiche, c’est bien un TRICOIRE, né en février 1884, mais la ressemblance s’arrête là ! Il s’agit d’un tout autre TRICOIRE. Il est né le 19 février 1884 au May-sur-Evre, s’appelle Emile Armand Victor Marie, et surout il n’est pas du tout mort pendant la grande Guerre, il est marié, a eu au moins trois enfants… Bref, ce n’est pas le bon TRICOIRE bien que sa fiche porte bien le numéro 1122 !

Que faire ? Je vérifie le Livre d’Or de la commune de Melay. J’y trouve les mêmes informations que sur sa fiche MdH : né le 26 février 1884 à Chemillé. Seul petit changement, son prénom Auguste est devenu Augustin.

Je cherche son acte de naissance à Melay, rien non plus ! Je consulte alors la table alphabétique annuelle des registres matricules de Cholet pour l’année 1904 et je trouve ceci :

TRICOIRE Registre matricule
AD49 – Cholet – 1904 – Table alphabétique annuelle -Vue 18/27

Ouf ! J’ai retrouvé mon Auguste Joseph ! Son numéro matricule est donc 1220 et non 1122. Les deux TRICOIRE ont donc été malencontreusement mélangés. mais il reste encore un mystère : où donc est-il né ?

Sa fiche matricule – la bonne cette fois – n’apporte pas d’information supplémentaire :

TRICOIRE Auguste Joseph - 1220
AD49 – Cholet – 1904 – Registre matricule -3 – vue 228/663

Il est définitivement né le 26 février 1884 à Chemillé, de Pierre TRICOIRE et de Rosalie Emilie HUMEAU qui résident à Melay au moment où la fiche a été établie.

Il me faut donc chercher pourquoi son acte de naissance n’apparait pas à Chemillé. Dans un petit coin de la fiche sont notées les adresses successives d’Auguste TRICOIRE. Il a beaucoup voyagé ! Je décide de tenter ma chance dans les localités où il a résidé.

TRICOIRE Auguste Joseph - 1220 - Adresses successives
AD49 – Cholet – 1904 – Registre matricule -3 – vue 228/663

Mais, par acquis de conscience, je décide d’abord de vérifier les actes de naissance de Chemillé. Peut-être s’y trouve-t-il un acte caché, rattaché, oublié… Tant de choses peuvent arriver ! Et heureusement !

Je découvre en effet, l’acte de naissance de Auguste Joseph HUMEAU le 29 février 1884. Et bien-sûr, il s’agit de mon Auguste Joseph, né hors mariage et reconnu quelques jours après sa naissance  par sa mère, le 14 mars 1884, puis légitimé par Pierre TRICOIRE, en 1887, lorsqu’il se marie avec Rosalie HUMEAU.

HUMEAU Auguste Joseph
AD49 – Chemillé – N – 1883-1892 – Vue 23/168

Voilà enfin le mystère totalement résolu ! Je peux donc maintenant écire la mini-biographie de Auguste Joseph TRICOIRE. Il me reste cependant un petit souci pour lequel je sollicite votre aide : comment corriger une erreur de matricule sur une fiche du site "Mémoire des Hommes" ? (J’ai corrigé l’annotation et j’ai envoyé un message mais j’ignore si cela sera pris en compte, de plus, l’erreur est également présente dans la base des Sépultures de guerre où il est également répertorié).

Notes généalogiques d'Anjou et d'ailleurs

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